Conflit animal-homme au Parc National du Gouraya

07 August 2012 | News story

Un travail de communication et d’éducation est fait au niveau des endroits qui sont fréquentes par les touristes , en collaborations avec les agents et techniciens du parc national.

Le singe magot (Macaca sylvanus) est le seul primate de la famille des Cercopithécidae présent au nord du désert du Sahara en Afrique et le seul membre du genre Macaca qui se manifestant à l’état naturel en dehors de l’Asie L’espèce, qui est une espèce native au Maroc et en Algérie, a également été introduite à Gibraltar où elle continue à survivre en petits effectifs.

Le singe magot est protégé en Algérie depuis 1983 par le décret n°83.509 du 20/08/1983 et par la convention sur le commerce international des espèces animales et végétales menacées (CITES).

Au parc national de Gouraya, le singe magot abonde aux abords des routes, cherchant le voisinage de l’homme qui le nourrit de pain, de fruits et d’autres confiseries. En lui donnant à manger, l’homme contribue à modifier le comportement alimentaire du singe, et à favoriser une promiscuité indésirable avec l’espèce, ce qui l’a conduit à se rapprocher des habitations pour y chercher la nourriture qu’elle a l’habitude de recevoir et des conflits éclatent avec les habitants.

A cet effet nous avons réalisé une enquête sur le problème conflictuel entre le singe magot et l’homme dans le parc national de Gouraya, dont l’objectif est de contribuer à remédier à cette situation et d’essayer de rendre au singe , qui est un mammifère sauvage son instinct vital : la recherche de nourriture.

Face à l’absence de données sur le conflit homme-singe magot et selon notre enquête à la cité des Oliviers au niveau du Parc national du Gouraya , nous avons constaté que les habitants de cette cité pensent à régler le problème depuis sa source, c’est-à-dire interdire le nourrissage puisque ce conflit a éclaté à partir du moment où le singe magot s’est habitué à se nourrir de ce que l’homme lui donne. Justement, le nourrissage s’effectue au Cap Carbon, aux Aiguades et en général dans les espaces fréquentés par les visiteurs où ces derniers attirent le magot pour le voir de près par de la nourriture,

C’est à cet effet que nous avons fait la proposition d’une interdiction du nourrissage tout en surveillant les touristes, en leur expliquant son impact sur les habitants du parc et aussi même sur les singes.

Nous avons aussi constaté que la gestion des déchets peut aider à atténuer le conflit homme-animal, car les poubelles attirent beaucoup les animaux sauvages dans les villes. Nous jugeons également très important de reboiser les forêts d’arbres utiles pour ces animaux.

L’éducation et la formation environnementale dans les écoles, à l’aide des médias (télévision, radios, journaux) pourraient beaucoup aider à apporter des améliorations à notre environnement et aussi à régler ces conflits entre l’homme et les animaux.

Aprés avoir réalisé notre enquête sur le terrain , et avoir ramassé les informations nécessaires il s'est avéré que ce sont les touristes qui fréquentent le parc national qui nourrissent les Singes , et quand ceux-ci rentrent chez eux , le singe qui est devenu semi domestiqué devient fainéant et il ne cherche plus la nourriture comme un animal sauvage mais il se rabat sur la nourriture facile , à portée de main , et il la trouve dans les habitations des riverains qui habitent le parc .

C'est à cet effet qu'un travail de communication et d’éducation est fait au niveau des endroits qui sont fréquentes par les touristes , en collaborations avec les agents et techniciens du parc national .
Le travail porte sur la sensibilisation des touristes à ne pas nourrir le singe , a défaut ils peuvent leur donner de l'eau à boire , car il n y a qu'un seul point d'eau au niveau du parc , il se situe au niveau de l'anse des aiguades.

De par le travail de communication les touristes ont appris les conséquences de leur geste , qu'ils considèrent anodin , sur le magot lui meme , du moment qu'il devient fainéant et ne cherche plus sa nourriture jusqu'à devenir chétif et menacé de mort par famine , et aussi sur les riverains qui vivent sans cesse dans la peur que le singe rentre à la maison , casse du matériel , griffe la maman ou les enfants , et aussi de la menace qu'ont brandi ces mêmes riverains pour tuer les singes , d'ailleurs cinq individus ont déjà été tués par empoisonnement .

La communication et l’éducation environnementale , se fait par voie d'affichage ( panneaux ) , par voie de distribution de brochures mais aussi et surtout par un travail d'explication .

Une implication de l'association du quartier a commencé à se concrétiser , les habitants ont pris attache avec le parc et ils discutent avec les techniciens et agents sur les moyens à mettre pour éviter ce conflit animal-homme crée par l'homme.
 

Mourad AHMIM forestecolo@gmail.com


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