La déforestation va décimer les derniers singes Magots

15 July 2009 | International news release
1 CommentWrite a comment

  Malaga, Espagne, 15 juillet 2009 (UICN) – La déforestation et la dégradation des forêts dans les régions rurales des montagnes du Maroc et l’Algérie menacent, selon l’UICN, des espèces en danger d’extinction telles que le singe Magot (Macaca sylvanus).

La pression humaine croissante dans le moyen et le Tellian Atlas ainsi que le surpâturage, la coupe de bois illégale et l'élagage des arbres menacent l'habitat naturel dont de nombreuses espèces dépendent.

« La conservation des forêts dans la région est essentielle, non seulement pour assurer la survie des espèces fortement menacées, mais également pour garantir l'approvisionnement en eau douce et réduire les risques de désertification et d’autres impacts issus du changement climatique » déclare la directrice générale de l’UICN Julia Marton-Lefèvre qui visite les pays d’Afrique du Nord du 13 au 18 juillet.

Le singe Magot est le seul parmi les 20 espèces différentes de macaques à être présent en Afrique, plus précisément au Maroc et en Algérie. Il est classifié comme espèce en danger sur la Liste Rouge des espèces menacées de l'UICN. La population vivant dans les forêts du moyen Atlas marocain est la plus grande. Le singe Magot peut également se retrouver à Gibraltar et il est souvent la cible de trafics illégaux en Europe.

Récemment, des singes Magots ont été observés dans le moyen Atlas entrain de défaire l'écorce des arbres et de sucer des fleurs pour en obtenir le suc, un comportement rare jusqu'il y à quelques années. Le gouvernement marocain a collaboré avec l’UICN pour découvrir la raison de ce changement de comportement. Le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN avec la Commission de la Survie des Espèces (SSC) et des experts régionaux ont visité la région et ont constaté que la dégradation des forêts de cèdres et l’accès réduit aux ressources d’eau, en raison de l’installation d’une nouvelle mine, étaient la cause du changement de comportement.

« La perte d’un nombre significatif de singes Magots peut avoir de larges répercussions dans tout l'écosystème » déclare Margarita Astrálaga, directrice du Centre de Coopération pour la Méditerranée. « Les macaques sont essentiels pour la dispersion des graines dans la forêt. Sans eux la composition même de la forêt changerait de manière nette. Sa disparition pourrait également affecter la situation économique du Maroc puisqu’ils attirent un grand nombre de touristes chaque année. »

Un certain nombre d'activités ont été entreprises par l’UICN et ses membres pour augmenter la sensibilisation du public et pour réduire les commerces illégaux de ces espèces, mais d’autres actions sont nécessaires. Le sanctuaire basé en Hollande pour les animaux exotiques (AAP) et le Comité national de l'UICN des Pays Bas ont lancé un projet pour combattre le commerce illégal des singes Magots en Europe. Ils ont proposé une approche basée sur la participation de toutes les parties concernées pour la gestion durable de l'utilisation des terres des forêts de cèdres du Maroc. Ceci implique la sensibilisation des acheteurs potentiels, la coopération avec les autorités dans les pays consommateurs tels que la France, l'Espagne, l'Italie ou les Pays Bas et la formation des agents des douanes en Espagne. WWF MedPo travaille aussi activement dans la protection de l’espèce et leur habitat.

En Algérie, l'association écologique Amazer-N'-Kefrida a effectué des campagnes de sensibilisation et d'éducation du public en 2006 et 2007 contre le commerce illégal et le nourrissage touristique des singes Magots.

Le singe magot fait l’objet d’une certaine protection sous la législation nationale et internationale. La collecte et l'exportation sont réglementées par un système d’autorisation au Maroc (100 macaques par an), mais l'application de la législation est insuffisante. Les espèces sont listées dans l'annexe II de la CITES. En 2000, la Communauté Européenne a suspendu les importations de Macaca sylvanus d'Algérie et du Maroc sous les dispositions de l'article 4.6b du règlement de la CE 338/97, parce qu'un tel commerce a été considéré comme exerçant un effet nuisible sur le statut des espèces.

La conservation du macaque dépend de son intégration dans des initiatives existantes en relation avec la dégradation des forêts, la pauvreté en milieu rural, le statut de propriété, la gouvernance et les autres causes de perte d’habitat. Améliorer la capacité nationale, afin de disposer de la connaissance et des outils nécessaires pour la conservation, des gestionnaires, des institutions académiques et des officiers de la douane dans les pays concernées est essentiel, ainsi que la mise en application stricte de la législation contre le commerce illégal avec les touristes des espèces listées par la CITES. Les liens étroits entre les valeurs respectives et les menaces pour les forêts de Cèdres et les singes Magot doivent être largement reconnues.


Note aux rédacteurs

Pour plus d’informations ou un entretien, nous vous invitons à contacter :

Sonsoles San Román, chargée de communication, Centre de coopération pour la Méditerranée UICN, Tel: +34.952 028430, Email: sonsoles.sanroman@iucn.org; Web: http://www.iucn.org/mediterranean
Sarah Horsley, chargée de relations avec les médias UICN, Tel: +41 22 999 0127, Email: sarah.horsley@iucn.org

 


Comments

1 Comment
1 Nelly Ménard
Nos travaux d'écologie, menés pendant trois ans dans le cadre d'une coopération entre le gouvernement marocain et notre équipe du CNRS/Université de Rennes, montrent désormais clairement que le comportement d'écorçage par les singes du Moyen Atlas n'est pas du à un manque d'accès à l'eau.
January 13, 2010 - 13:39
Comments
  • 1-1
  • 1
Write a comment

600 CHARACTERS LEFT

captcha
Mediterranean landscape