Le Guatemala progresse dans le domaine du REDD+, selon l’UICN

08 December 2011 | Media statement

Durban, Afrique du Sud, 8 décembre 2011 (UICN) – D’après l’Union internationale pour la conservation de la nature, le Service national des forêts du Guatemala a permis aux populations autochtones et aux communautés locales, grâce à la reconnaissance de leurs droits fonciers, d’accéder aux bénéfices et aux paiements de la Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts, plus connu sous le nom de Programme REDD+.

Le Programme d’incitation pour les petits propriétaires de forêts et de terres agro-forestières (PINPEP) fait maintenant stratégiquement partie de la stratégie nationale REDD+ du Guatemala. Ce Programme investit déjà 1% du budget gouvernemental national – près de 40 millions de dollars par an – dans des actions basées sur les résultats afin de soutenir la gestion durable des forêts, la reforestation, la restauration des forêts et l’agroforesterie. Les propriétaires de petites forêts et de terres agro-forestières de moins de 15 hectares par bénéficiaire en profiteront. Enfin, si le PINPEP a accès aux fonds internationaux du REDD+, son impact sur la conservation de la biodiversité ainsi que sur le bien-être des personnes augmentera.

« Après plusieurs années de préparation, certains pays sont maintenant loin devant en termes de stratégies REDD+ », se réjouit Stewart Maginnis, Directrice du Programme mondial à l’UICN. « Le Guatemala a fait des progrès remarquables et montre au monde entier comment des cadres juridiques, quand ils sont mis en place en coopération étroite avec les communautés autochtones et locales, peuvent protéger les forêts et avoir des effets positifs sur les moyens d’existence. Les communautés dépendantes des forêts au Guatemala pourront maintenant plus facilement avoir accès aux incitations du REDD+ pour la protection, la gestion durable et la restauration des ressources forestières ».

Après avoir piloté le Programme d’incitation pour les petits propriétaires de forêts et de terres agro-forestières (PINPEP) pendant six ans, le gouvernement du Guatemala a récemment adopté le programme en tant que texte législatif, rendant ainsi possible l’adaptation du programme en mécanisme REDD+. L’UICN a été étroitement impliquée dans ce processus où les populations autochtones et les organisations communautaires, les organismes gouvernementaux et les organisations de la société civile travaillent ensemble pour faire du PINPEP un mécanisme REDD+ équitable et économiquement intéressant.

« Au départ, les incitations forestières ne reconnaissaient que les propriétés officiellement enregistrées, alors que la plupart des communautés et des peuples autochtones possèdent leurs terres sous un régime foncier traditionnel et coutumier » reconnaît Josué Morales, Directeur de Guatemala Forests. « Le nouveau mécanisme proposé dans le cadre du Programme PINPEP clarifie et reconnaît les propriétaires en se basant sur toutes sortes d’éléments juridiques : documents historiques, titres additionnels, propriété, régime foncier et territoires autochtones. C’est un point très important pour le REDD+, qui est mis à l’épreuve dans de nombreux pays car les populations autochtones et les communautés dépendantes des forêts ont des droits fonciers peu clairs. »

« Le taux de pauvreté au Guatemala est l’un des plus élevés d’Amérique latine, avec environ 54% de sa population vivant en-dessous du seuil de pauvreté, selon un dernier rapport publié par l’Institut des statistiques guatémaltèque », affirme Amauri Molina, Responsable adjoint de l’Institut forestier national.  « L’approbation du mécanisme PINPEP a permis au gouvernement de se diriger vers une réforme de la gouvernance. La reconnaissance des droits coutumiers pourrait inciter à réduire la déforestation et de la dégradation des forêts, et créer des emplois, des revenus et des options face au changement climatique pour les communautés rurales et les peuples autochtones, qui sont souvent les populations les plus vulnérables. »

« Le Guatemala montre au monde entier qu’il n’est pas nécessaire de changer l’ensemble du cadre juridique pour mettre en place un mécanisme d’incitation qui reconnaisse les droits des populations locales et qui les aide à prendre leurs responsabilités sur la gestion des forêts. Le PINPEP démontre que la reconnaissance des droits dans un cadre existant peut aider les propriétaires forestiers à prendre leurs responsabilités et à être tenu responsables de la mise en œuvre de ces incitations. Les autres pays pourraient faire de même dans d’autres régions du monde dans le cadre de leurs processus nationaux de planification du REDD+ » conclut Consuelo Espinosa, Responsable senior de la forêt et du changement climatique.

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View of logging road in the Cameroon Forests