Lieu de protection des bisons et de notre héritage

21 February 2013 | Fact sheet

Parc National Elk Island, Canada

Description du parc et motifs de sa création

Le Plan de réseau des parcs nationaux du Canada délimite 39 régions naturelles au pays et prévoit la création d’un parc national dans chacune de ces régions afin de mettre en valeur et de protéger la diversité des milieux naturels.

Créé en 1913, le parc national Elk Island protège un échantillon représentatif de la région naturelle des plaines et des plateaux boréaux du Sud.

Le parc national Elk Island est situé dans les collines Beaver, dans la province canadienne de l’Alberta. Cette région est couverte de prairies, de milieux humides, de lacs et de forêts de trembles. Elle regorge d’animaux sauvages et son nom évoque d’ailleurs l’abondance de castors. Les collines Beaver sont surtout reconnues pour leurs bosquets de trembles qui parsemaient les prairies. Ce type de paysage assurait fourrage, eau et protection à de nombreuses espèces utilisées par les Premières nations durant des milliers d’années. Les postes de traite et les établissements européens ont eu des répercussions immédiates sur les animaux sauvages et le paysage de la région des collines Beaver. Dès 1815, le commerce de la fourrure avait fait disparaître presque complètement le castor. À la fin des années 1860, il ne restait plus de bisons dans la région, et les autres grands ongulés s’y faisaient rares. Les wapitis, quant à eux, faisaient encore l’objet d’une chasse intensive. En 1906, cinq Albertains de la région de Fort Saskatchewan ont convaincu le gouvernement fédéral de créer un refuge faunique pour le wapiti des collines Beaver; il s’agissait de la première réserve faunique du Canada destinée aux grands mammifères. La réserve faunique est ensuite devenue un parc national.

De nos jours, le parc national Elk Island accueille de nombreuses espèces d’animaux sauvages, notamment le wapiti (Cervus elaphus), l’orignal (Alces alces), le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), le bison des plaines (Bison bison bison), le bison des bois (Bison bison athabasca), le castor (Castor canadensis), le coyote (Canis latrans) ainsi que de nombreuses autres espèces de mammifères et d’oiseaux. Le parc a participé activement au rétablissement du cygne trompette (Cygnus buccinator), du bison des plaines et du bison des bois. Il a aussi joué un rôle important dans la conservation de la tremblaie-parc.

En septembre 2006, une région de 300 kilomètres carrés à l’est d’Edmonton a été désignée réserve de ciel étoilé des Collines-Beaver.

Voir photos du site:

Superficie 194 km²

Situation géographique Le parc national Elk Island est situé au cœur de la province canadienne de l’Alberta, à environ 45 km à l’est d’Edmonton.

Type d’habitat: Moraine; Terrain ondulé et dépressions – topographie de bosses et de creux
 
Gestion du parc

Le parc national Elk Island est géré par Parcs Canada, l’organisme fédéral responsable de la protection et de la mise en valeur d’exemples représentatifs du patrimoine naturel et culturel du Canada, chargé d’en favoriser chez le public la connaissance, l’appréciation et la jouissance de manière à en assurer l’intégrité écologique et commémorative pour les générations d’aujourd’hui et de demain. Établi en 1911, Parcs Canada a été le premier service de parcs nationaux du monde et s’impose aujourd’hui comme chef de file international en matière de conservation.

Menaces, difficultés de gestion et mesures adoptées

Le parc est situé tout près d’installations agroalimentaires, et les fermes bovines peuvent représenter une menace, parce que certaines maladies des animaux domestiques peuvent être transmises aux ongulés qui fréquentent le parc. Dans le but d’éviter cette situation, les bisons et les wapitis du parc sont surveillés et testés fréquemment. De plus, la collaboration des personnes vivant à côté du parc permet de les sensibiliser à cette menace et de réduire le risque de propagation des maladies de part et d’autre.

Tout le long du périmètre du parc, une clôture de 2,2 mètres a été érigée pour garder les ongulés à l’intérieur des limites. Avec son importante population d’ongulés indigènes (bisons, wapitis, orignaux et cerfs de Virginie), le parc national Elk Island est une aire protégée qui contient la plupart des éléments biologiques qui composaient jadis le paysage naturel de la prairie-parc. La petite taille du parc et le nombre élevé d’ongulés qui y vivent, mais qui ne peuvent ni sortir du parc ni y entrer à leur guise, ont influé sur les processus naturels, comme la prédation et la migration des ongulés, qui ont été remplacés par des programmes de gestion des ressources. Grâce à une bonne gestion, le parc national Elk Island a réussi à fournir des bisons des plaines et des bisons des bois exempts de maladies et de gênes bovins à des projets de conservation au Canada et à l’étranger. Le parc a également servi de troupeau source pour le rétablissement de populations de wapitis dans d’autres régions canadiennes, ainsi qu’aux États-Unis.

Espèces en péril

Le bison des bois, une espèce en péril au Canada, comptait à une époque moins de 300 individus dans le monde. En 1965, 23 bisons des bois ont été introduits dans le parc national Elk Island afin de former une harde loin de celles qui vivaient plus au nord, dans le parc national Wood Buffalo, afin d’assurer la survie de l’espèce. De nos jours, environ 350 bisons des bois fréquentent librement la région sud de l’espace clôturé formant le parc et sont séparés des bisons des plaines. Les bisons des bois excédentaires sont aujourd’hui relâchés dans la nature. Le nombre de bisons des bois au Canada atteint désormais plusieurs milliers. En 1988, le bison des bois est passé du statut d’espèce en voie de disparition à celui d’espèce menacée.

D’autres espèces en péril du Canada fréquentent le parc national Elk Island, notamment une espèce d’amphibien, le crapaud de l’Ouest (Bufo boreas).