IUCN - Un estuaire florissant dans l’Est du Canada

Un estuaire florissant dans l’Est du Canada

18 November 2011 | Fact sheet
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Kouchibouguac National Park, Canada

Contexte

Créé en 1969, le parc national Kouchibouguac protège un échantillon représentatif de la région naturelle de la plaine des Maritimes et de la région marine Atlantique – Golfe du Saint-Laurent. Doucement incliné vers la côte, le terrain est généralement plat, avec quelques petits monticules séparant les bassins fluviaux et d’étroites rives aux pentes abruptes par endroits. Le nom Kouchibouguac (cou-chi-bou-gouac) est d’origine Mi’kmaq et se traduit par « rivière à longues marées ».

Le parc national Kouchibouguac est géré par Parcs Canada, l’organisme fédéral responsable de la protection et de la mise en valeur d’exemples représentatifs du patrimoine naturel et culturel du Canada, chargé d’en favoriser chez le public la connaissance, l'appréciation et la jouissance de manière à en assurer l'intégrité écologique et commémorative pour les générations d'aujourd'hui et de demain. Établi en 1911, Parcs Canada est le premier service de parcs nationaux du monde et s’impose aujourd’hui comme chef de file international en matière de conservation.

Regardez des images du parc

 

Dimension et location

Le parc national Kouchibouguac est situé sur la côte est de la province canadienne du Nouveau-Brunswick. Il se trouve à environ une heure de voiture au nord de la ville de Moncton et il couvre une Superficie de 239 km2.


Flore et Faune

Une grande partie du parc fait partie de l’habitat de la forêt acadienne, qui fournit les conditions idéales pour la croissance de vingt-quatre espèces d’arbres. Trente sept types de forêts distincts ont été identifiés dans le parc, dont la plupart sont des forêts de conifères (70 %), mais aussi des forêts de feuillus (23 %) et des forêts mixtes (7 %).

Les tourbières dominent environ 5 000 hectares de ce parc. Les dépressions humides saturées par l’accumulation de tourbe causent une élévation du niveau de l’eau autour des tourbières, ce qui noie les arbres à proximité et permet ainsi à la tourbière de s’étendre pour devenir éventuellement ombrotrophe (tourbière dont toute l’eau provient des nuages). La profondeur de la tourbe dans certaines régions peut atteindre jusqu’à six mètres, et on estime que les tourbières sont vieilles d’environ 5 000 ans.
Le parc contient également des zones importantes de marais salés, de systèmes estuariens, d’habitats d’eau douce comme des rivières et des ruisseaux, et des systèmes côtiers dynamiques formés par les cordons littoraux situés à proximité.

Un tel éventail d’habitats permet l’existence d’une grande diversité d’animaux. À Kouchibouguac, les visiteurs peuvent apercevoir diverses espèces sauvages, dont l’ours noir (Ursus americanus), le pékan (Martes pennanti), le lynx (Lynx lynx), l’orignal (Alces alces) et la loutre de rivière (Lontra canadensis), ainsi que deux grandes espèces de mammifères dans les eaux entourant le parc, dont le phoque gris (Halichoerus grypus) et le phoque commun (Phoca vitulina).

Sept espèces de reptiles, dix espèces d’amphibiens et plus de 200 espèces d’oiseaux sont présentes dans le parc à diverses périodes de l’année. Kouchibouguac abrite aussi la plus grande colonie de sternes de la même espèce au Canada, avec une population d’environ 25 000 sternes pierregarin (Sterna hirundo), dont environ 7 000 couples nicheurs par année, sur l’île aux Sternes.

L’écosystème dynamique composé d’environ 25 km de dunes en constant mouvement sert d’habitat au pluvier siffleur (Charadrius melodus melodus), une espèce en péril. Il existe aussi une grande diversité de plantes rares dans le parc, comme la renouée à feuilles de patience (Polygonum lapathifolium), l’aster laurentienne (Aster laurentianus), la limoselle australe (Limosella australis) et la listère australe (Listera australis), une espèce en péril.


Menaces

Avant la création du parc national Kouchibouguac, beaucoup de gens pêchaient dans les eaux environnantes. Une fois le parc créé, certaines pêches commerciales ont été temporairement maintenues pour le gaspareau (Aloso pseudoharengus), l’éperlan (Osmerus mordax), l’anguille (Anguilla rostrata) et la mye (Mya arenaria).

Le pluvier siffleur (Charadrius melodus melodus), qui vit dans le parc national Kouchibouguac, est une espèce en péril au Canada. Oiseau de rivage de la taille d’un étourneau, le pluvier siffleur a un cri semblable à un sifflement plaintif, qui retentit le long de certaines étendues des plages sablonneuses du parc. Les baigneurs et les promeneurs peuvent déranger les pluviers siffleurs par inadvertance, et vont parfois jusqu’à endommager les nids et les œufs et effrayer les oisillons qui s’alimentent.

La tortue des bois (Glyptemys insculpta) est une autre des espèces en péril du parc. Parmi les autres espèces en péril au Canada qui se trouvent à Kouchibouguac, on compte également sept espèces d’oiseaux et deux espèces de plantes, le léchéa maritime (Lechea maritima), dont 55 % de la population mondiale se trouve dans le parc, et l’aster du Saint-Laurent (Symphyotrichum laurentianum).


Lutter contre les menaces

Afin d’améliorer la santé de l’estuaire dans le parc et de restaurer les stocks de des espèces poissons, l’Agence Parcs Canada a mis en place un programme volontaire d’indemnisation pour encourager les pêcheurs à renoncer à leur droit de pêche commerciale dans cette zone. La première année de ce programme, 80 % des pêcheurs de mye ont choisi de renoncer à ce droit. L’année suivante, le programme a connu un succès similaire auprès des pêcheurs d’éperlan, d’anguille et de gaspareau.

Le personnel du parc surveille les populations de ces espèces et prévoit que dans quelques années, les stocks seront considérablement plus grands. Afin d’éviter de déranger les pluviers siffleurs et de leur permettre de mener à bon terme la période d’incubation et d’élevage des oisillons, les aires importantes de reproduction, de nidification, d’élevage et de rassemblement sont temporairement fermées au public pendant certaines périodes critiques du printemps et de l’été.

Les employés du parc ont récemment conclu une étude de trois ans sur la population de tortues des bois dans le parc et le grand écosystème, où plus de 40 tortues ont été marquées et surveillées. En faisant cette recherche, les employés ont découvert pour la première fois des tortues des bois vivant dans des estuaires d’eau salée, où environ 5 tortues ont vécu pendant plus d’un mois. Les chercheurs du parc ont aussi enregistré la plus longue distance parcourue sur terre par une tortue des bois (environ 4 km).


Expérience du visiteur

Parcs Canada s’est engagé à faire de chaque parc national un endroit précieux qui occupe une place de choix dans le cœur de tous les Canadiens, perpétuant ainsi un attachement profond à l’essence même du Canada. Les visiteurs peuvent jouir des merveilles du parc national Kouchibouguac en participant à une foule d’activités agréables à faire en famille. Kouchibouguac offre 60 km de pistes cyclables, populaires aussi bien auprès des cyclistes que des randonneurs. Parmi les autres activités offertes pendant l’année, on trouve l’observation d’oiseaux, la baignade, le camping, le canot, le kayak, le ski de fond, la raquette et la luge.

Les visiteurs sont encouragés à explorer le lagon d’eau salée et à en apprécier la biodiversité. La limace de mer, la crevette grise, l’épinoche et plusieurs autres espèces vivent dans ce lagon. Les participants de tous âges au programme d’interprétation pourront s’amuser à explorer, à attraper des bestioles dans une épuisette et à les examiner pour ensuite les relâcher dans la nature.


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