IUCN - Des formations liant biodiversité et coopération au développement : un apprentissage réciproque

Des formations liant biodiversité et coopération au développement : un apprentissage réciproque

31 August 2011 | News story

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique a organisé des formations de sensibilisation à la biodiversité pour la Direction Générale de la Coopération belge au développement.

 

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique travaille depuis plusieurs années avec la Direction Générale de la Coopération belge au développement (DGD) dans le domaine de la biodiversité. Les activités entreprises ont pour principaux objectifs le renforcement des compétences de la communauté scientifique des pays partenaires et l’apport d’une expertise scientifique à l’appui des décisions politiques. Récemment, la DGD a exprimé le souhait de sensibiliser son propre personnel à la biodiversité par le biais de formations. Pour y parvenir, nous disposions de trois séances de deux heures.

L’enjeu était de taille. En effet, malgré le peu de temps qui nous était imparti, nous souhaitions mettre au point des séances représentant un réel apprentissage et menant à un changement d’attitude, aussi minime soit-il. Dans la droite ligne du Plan stratégique 2009-2012 de la CEC, notre ambition était d’établir un lien entre les connaissances et l’action. Cette démarche était, pour nous, assez neuve et non sans difficultés. Pour créer une formation sur mesure, nous avons d’abord dû maîtriser suffisamment le domaine d’activités du public cible, ici la coopération au développement. Ensuite, il a fallu trouver – et pouvoir démontrer de manière convaincante – les relations existant entre ce domaine et la biodiversité. Ces deux étapes nous ont permis d’adapter au mieux et dès le départ le contenu des formations aux sensibilités des participants. En outre, nous avons choisi d’adopter une pédagogie interactive et ludique, de type ascendante (« bottom-up ») où les participants sont invités à faire émerger eux-mêmes, en partie, les informations.

Les deux premières séances ont surtout été utiles pour identifier un besoin concret ayant des répercussions sur le travail quotidien du public cible : comprendre la différence entre, d’une part, un projet dont l’intention est de contribuer positivement à la préservation de la biodiversité (dont c’est l’objectif explicite) et, d’autre part, un projet dont ce n’est pas l’objectif mais qui tient compte et s’adapte néanmoins aux opportunités et contraintes posées par la biodiversité. La troisième et dernière séance a donc servi à expliquer, par des exercices pratiques très concrets, cette distinction d’une importance fondamentale pour la coopération au développement. En effet, comprendre cette nuance est essentiel pour juger convenablement de la qualité d’un projet et employer correctement les marqueurs de Rio (OCDE), qui servent à estimer le volume de l’aide publique visant l’atteinte des objectifs des conventions de Rio.

La réalisation de cette dernière séance nous a permis de proposer un « produit » tangible aux participants : une méthodologie simple et applicable au quotidien, totalement basée sur le fonctionnement de leur administration. De notre côté, les efforts que nous avons consentis pour cette formation nous ont permis d’affuter notre méthode et de saisir toute l’importance d’un apprentissage adapté aux difficultés du monde réel. Cette expérience a sans aucun doute été au moins aussi enrichissante pour nous que pour le personnel de la DGD. 
 

Contact : Anne Franklin, anne.franklin@naturalsciences.be

 

Par Salima Kempenaer et membre de la CEC Anne Franklin