Reconnecter la science à la prise de décision politique en Europe et ailleurs

02 July 2012 | News story

« La recherche scientifique est une base essentielle à la mise en place des politiques liées à la biodiversité.Nous devons améliorer les données relatives à la biodiversité et les disséminer au sein de la communautéscientifique, des décideurs politiques et de la société civile au niveau européen et global », a déclaré M.Gaston Franco, Député européen, lors de la réunion sur IPBES, la plateforme intergouvernementale entre lacommunauté scientifique et les décideurs politiques sur la biodiversité et les services ecosystémiques.

Le Parlement européen, au sein de la dernière résolution Notre assurance-vie, notre capital naturel - stratégiede l'UE en faveur de la biodiversité à l'horizon 2020, a reconnu le besoin de la part des décideurs politiques etde la société toute entière d’accorder une priorité politique plus importante à la biodiversité et à lacompréhension de sa valeur pour le bien de cette génération et des futures.

« Même si elles ne sont pas finalisées, les discussions relatives à la portée du programme de travail d’IPBES montrent un soutien à la mise en place du Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique, reflétédans la Stratégie de l'UE sur la biodiversité », a noté M. Thomas Koetz de la DG Environnement de la Commission européenne. Il a ajouté qu’« IPBES contribuera surement de manière importante à la mise enplace de la Stratégie de l’UE sur la biodiversité ». Cette stratégie souligne certaines actions à mettre en place dans le but d’atteindre l’Objectif principal pour 2020 en qui concerne la biodiversité ainsi que les engagements globaux dans ce domaine. L’amélioration de la connaissance relative aux écosystèmes et leurs services au seinde l’UE est une des actions prévues nécessitant de nombreux efforts.

IPBES résumera et évaluera les informations déjà existantes sur les conséquences des changements dans ledomaine de la biodiversité et des services ecosystémiques sur le bien-être humain. Selon Mme Anne Larigauderie de DIVERSITAS et du Conseil international pour la Science (ICSU), les besoins en terme derecherche dans le cadre d’IPBES inclus la documentation des évolutions actuelles et l’amélioration de notrecapacité de prédiction dans le but de mieux informer les choix futurs.

Il a également été noté que la communauté scientifique devrait travailler main dans la main avec IPBES afin decréer une connaissance adéquate. M. Pierre Commenville de l’Union internationale pour la Conservation dela Nature (UICN) a souligné qu’il est également important pour IPBES de baser sa connaissance sur desdonnées n’émanant pas toujours d’institutions académiques scientifiques. Par exemple, la communauté de laconservation a développé de nombreuses connaissances dont des bases de données, des évaluations et desprocédures de révision, des outils d’actions et des bonnes pratiques pouvant être mis à la disposition d’IPBES. La plateforme devrait bénéficier d’une participation active et efficace de la société civile.

« En plus des connaissances scientifiques, IPBES offre une opportunité d’intégrer d’autre connaissances utilesà la prise de décision politique », a confirmé Mme Maria Schultz du Stockholm Resilience Centre à l’Université de Stockholm. Les systèmes de connaissances autochtones, traditionnelles, locales etscientifiques sont la manifestation de différents systèmes, tout aussi valides, pouvant contribuer à la gestiondurable des écosystèmes.

Pour M. Salvatore Aricò de l’UNESCO, il est nécessaire d’intégrer la société à la science et la science à lasociété. M. Patrick ten Brink de l’Institut pour la Politique européenne de l’Environnement (IEEP) a soutenuqu’IPBES offre une opportunité d’expliquer et de faire prendre conscience à la société du rôle et de la valeurde la nature ainsi que d’aider à développer une base pouvant aider les décideurs politiques. « IPBES et lesentités régionales et nationales affiliées sont de nouveaux acteurs et possèdent un rôle potentiel important », a expliqué M. ten Brink.

Il existe en Europe une large expérience liée aux mesures politiques et il est important d’assurer un bénéficemutuel entre les Etats membres et IPBES à travers une participation active. De nombreuses plateformesnationales sur la biodiversité telles qu’en Allemagne, en Belgique, en France et en Suisse, peuvent assurer unengagement efficace. M. Carsten Neßhöver du Helmholtz Centre for Environmental Research (UFZ) asuggéré de continuer à évoluer en se basant sur les accomplissements passés en terme d’intégration desapports scientifiques sur la biodiversité en Europe. Il a conclu que « le réseau européen de connaissances,profitera non seulement d’IPBES mais servira également les politiques européennes et leurs objectifs pour 2020 ».

Organisé au Parlement européen à Bruxelles et présidé par le Député européen M. Gaston Franco, le briefing sur La plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services ecosystémiques (IPBES) – Reconnecter la Science à la prise de décision politique : Pourquoi ? Quoi ? Comment ? a rassemblé desacteurs internationaux, européens, nationaux et régionaux. Cet évènement fut organisé par le secrétariat del’Intergroupe du Parlement européen Changement climatique, biodiversité et développement durable. Le secrétariat est assuré conjointement par l’UICN et le Bureau européen pour la Conservation et le Développement (EBCD).

Toutes les allocutions, présentations et le rapport de l’évènement sont disponibles ici.

Pour toutes questions relatives au briefing, merci de contacter Anete Berzina. Pour des questionssur l’Intergroupe, merci de contacter Melanie Lamaison.

A propos d’IPBES
La Plateforme intergouvernementale entre la communauté scientifique et les décideurs sur la biodiversité et les services ecosystémiques (IPBES) se veut être une entité indépendante et globale visant à rassembler la communauté scientifiqueet les décideurs politiques. Etablie le 21 avril 2011 et basée a Bonn, en Allemagne, la plateforme sera le pendant duGroupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur les sujets liés à la conservation de la nature, lasécurité alimentaire, le développement durable et le bien-être humain. Mesurant les variations de la biodiversité et lesservices ecosystémiques, et identifiant les outils politiques adéquats, la plateforme façonnera l’agenda international etdéfinira le contexte pour la transmission de connaissances légitimes et crédibles aux décideurs politiques.