Placer les forêts sous contrôle local favorisera les revenus et la durabilité

07 September 2012 | News story
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Pour améliorer les revenus des populations à travers le monde qui dépendent aujourd’hui de la forêt et dont on évalue le nombre à un milliard de personnes, le modèle actuel d’investissement forestier doit être revu entièrement. Il ressort d’une initiative de grande ampleur menée par le The Forests Dialogue (TFD), l’UICN et Growing Forests Partnerships (GFP) que pour optimiser les avantages et la productivités de la forêt, il s’agira d’évoluer du modèle « axé sur les ressources » à un système « axé sur les droits » de « foresterie sous contrôle local » plaçant la maîtrise locale des forêts au cœur du processus d’investissement.

Ces trois dernières années, The Forests Dialogue (TFD) en partenariat avec l’UICN a organisé une série de dialogues au niveau des pays, auxquels plus de 400 propriétaires et investisseurs forestiers, ONG, agences gouvernementales et intergouvernementales ont été conviés. Le rapport qui en a résulté « Investing in Locally Controlled Forestry » (Investir en foresterie sous contrôle local), lancé aujourd’hui au Congrès mondial de la nature de l’UICN, montre qu’en mettant des processus corrects en place et dans les conditions appropriées, il est possible à pratiquement n’importe quel individu ou groupe de lancer une entreprise forestière avec succès.

« Une première étape consiste à reconnaître que de nombreuses forêts et de nombreux paysages forestiers sont habités par des populations détenant des droits fonciers sous une forme ou une autre », explique Chris Buss, responsable de programme au Programme des forêts et du changement climatique de l’UICN. « Les investisseurs sont de plus en plus conscients de la nécessité de respecter ces droits au moyen de processus reconnus, bien que les conséquences pratiques de ces processus n’aient guère attiré l’attention jusqu’ici ».

Les enseignements de cette initiative montrent que les processus adoptés à ce jour consistent fréquemment à indemniser les populations concernées de la perte de terres ou de ressources, et non à les intéresser à une véritable entreprise partagée. En revanche, un système « axé sur les droits » situe le contrôle local au cœur du processus. En vertu d’un tel système, ceux qui possèdent la forêt ou détiennent des droits sur celle-ci sont ceux-là mêmes qui trouveront des investisseurs et des partenaires et les inviteront à gérer leurs ressources naturelles.

« L’approche axée sur les droits reconnaît l’autonomie des populations locales et leurs droits à déterminer la vocation de leurs terres et de tirer un revenu de leur gestion efficace », déclare Minni Degawan, coordonateur de projet pour KADIOAN, une organisation de peuples autochtones des Philippines. « Donner aux populations locales les moyens de prendre des décisions sur la gestion commerciale de terres et de forêts tout en bénéficiant de droits d’occupation assurés, et leur permettre de bâtir leurs propres organisations et d’accéder aux marchés et à la technologie s’avérera une voie efficace pour relever les revenus et protéger les ressources forestières ».

« Investir en foresterie sous contrôle local ne peut qu’être profitable aux communautés, aux gouvernements et aux investisseurs. Néanmoins, lancer une entreprise commerciale viable n’est pas sans poser des problèmes et exige une adaptation des approches conventionnelles de l’investissement », déclare Peter Gardiner, responsable des ressources naturelles chez Mondi. « Pour faciliter ce processus, Growing Forest Partnerships, qui réunit l’UICN et TFD, a élaboré un manuel du praticien qui sera publié à la fin du mois afin de proposer aux investisseurs et aux détenteurs de droits une approche étape par étape menant à la conclusion d’accords commerciaux ».

L’UICN et ses partenaires de Growing Forest Partnerships continuent aujourd’hui à recueillir une information sur les projets de foresterie sous contrôle local (projets ILCF) dans le monde et étudient la possibilité de lancer un projet pilote reposant sur les meilleures pratiques en la matière.

À propos de TFD :
TFD, The Forests Dialogue, est une organisation autonome hébergée par l’Université de Yale. Recourant à un processus de dialogue multipartite, TFD cherche à établir la confiance entre les dirigeants, à parvenir à une appréciation commune de défis complexes et à trouver de solutions collaboratives sur les questions forestières mondiales les plus urgentes.
www.theforestsdialogue.org

L’initiative TFD pour l’ILCF a été lancée conjointement avec Growing Forest Partnerships (GFP), en bénéficiant du soutien de la Banque mondiale. L’Agence suédoise de coopération internationale au développement (SIDA) a également appuyé et financé une partie de cette initiative. Pour plus de précisions sur l’initiative, veuillez visiter : http://environment.yale.edu/tfd/dialogues/locally-controlled-forestry/

À propos de GFP
Les activités de Growing Forest Partnerships (GFP) sont orientées vers la création et le soutien de réseaux aux niveaux local, national et international. Dans ce processus, GFP cherche à améliorer la connexion entre la forêt et les autres secteurs. Ce réseau œuvre pour que les discussions mondiales sur les forêts se préoccupent des problèmes réels et actuels auxquels les populations dépendant de la forêt et les gestionnaires forestiers sont confrontés, et à ce que l’on tienne compte des desiderata des communautés locales et des peuples autochtones dans toute prise de décisions.

Quatre partenaires de facilitation adhèrent à Growing Forest Partnerships. Ils sont tous membres du Groupe catalytique qui gère le processus. Ces partenaires sont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’UICN, la Banque mondiale et l’Institut international pour l’environnement et le développement (IISD).

 


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