La gestion durable et la conservation des oasis se heurtent à d’importants défis, en partie posés par le changement climatique ainsi que par l’augmentation des pressions humaines sur ses ressources principales, et en particulier l’eau. L’amélioration de la gouvernance pour la gestion de l’eau, l’identification des meilleures pratiques agricoles et la conception de stratégies pour la conservation de la nature devraient être à la base de tout projet ou programme lié aux oasis. La diminution des précipitations dans les montagnes de l’Atlas va réduire les eaux souterraines disponibles à travers la partie sud du Maghreb, où la pluie est rare, menaçant les écosystèmes des oasis de différentes façons :

• En augmentant les processus de maladie de dépérissement terminal de la végétation et des arbres, avec des pressions supplémentaires sur les dattiers pour les besoins d’énergie, la réduction des effets du microclimat de la couverture des palmiers, et les risques importants d’érosion.
• En réduisant les productions agricoles

Les deux tiers de la population du Sahara vivent dans les oasis, où le dattier représente non seulement la principale source de nourriture mais fournit aussi l’ombre nécessaire à la pousse d’agrumes, de figues, pêches, abricots, légumes et graines de céréales.

Les oasis représentent également des lieux de repos critiques pour les oiseaux migrateurs sur leur route entre l’Europe et l’Afrique sub-saharienne. L’abondance d’oiseaux dépend de la taille de l’oasis et de la végétation qui le caractérise, à savoir la diversité des arbres et des plantes herbacées. On note que les oasis dans lesquels des pratiques traditionnelles sont utilisées pour diversifier les produits de l’agriculture produisent des conditions d’habitat plus appropriées pour les oiseaux que les plantations modernes créées afin de maximiser la production de dattes. Il apparait essentiel d’entretenir des oasis traditionnels aux habitats semi-naturels sains, reposant sur des systèmes d’irrigation adéquats et des activités humaines traditionnelles, afin de préserver leur biodiversité et assurer les besoins des oiseaux migrateurs européens.

De manière générale, les oasis d’Afrique du nord sont menacés par la surexploitation des aquifères (pompage dans des puits profonds pour l’irrigation de l’agriculture intensive), la modification des pratiques traditionnelles de gestion (systèmes d’agriculture traditionnelle avec un faible coût en eau, une agroforesterie polyvalente en eau), l’absence d’une gouvernance appropriée, et l’association de problèmes sociaux et économiques entrainant une dégradation de l’environnement, un exode rural ainsi qu’une perte de la connaissance traditionnelle. Aujourd’hui, de fortes pressions pèsent sur les conditions de vie des populations et leurs systèmes d’agriculture. En effet, de nombreux facteurs biophysique et socio-économiques se lient les uns aux autres et nuisent aux écosystèmes si fragiles des oasis et à leur durabilité.