La perte de biodiversité est l'une des crises mondiales les plus urgentes. Ainsi, l'opinion publique se préoccupe de plus en plus du statut des ressources biologiques dont dépendent tant de vies humaines. Selon les estimations, le taux d'extinction des espèces est aujourd'hui  100 à 1 000 fois plus élevé que le taux d'extinction naturel.

La région méditerranéenne est un patchwork de paysages naturels et cultivés, ce qui a permis le développement d'espèces remarquables. Sa flore exceptionnelle compte entre 15 000 et 25 000 espèces, dont 60 % sont uniques à la région. Outre sa richesse végétale, une grande proportion de la population animale méditerranéenne est endémique.

Cette richesse naturelle subit toutefois d'importantes pressions qui engendrent de lourdes dégradations environnementales. Des espèces s'éteignent, d'importants habitats naturels sont dégradés ou détruits, et aussi bien les écosystèmes terrestres que marins sont perturbés et fragilisés par la pollution, la surexploitation des ressources, les espèces exotiques envahissantes, les perturbations humaines et l'impact grandissant du changement climatique.

Des données scientifiques fiables sont primordiales pour orienter les décideurs et assurer une utilisation durable et raisonnable des ressources naturelles.

Programme sur les espèces méditerranéennes

Le Programme sur les espèces méditerranéennes s’articule autour des quatre objectifs suivants :

  • Favoriser le développement et la disponibilité des données scientifiques relatives aux espèces méditerranéennes ;
  • Promouvoir des outils régionaux d'aide à la conservation, plus particulièrement les Listes rouges et les Plans d'actions, qui guident les mesures prises dans ce sens ; 
  • Renforcer la capacité de conservation et de gestion des espèces dans la région ; et
  • Encourager le travail des membres et des réseaux régionaux de l'UICN, tels que celui de la Commission de la Sauvegarde des Espèces (CSE).

Le Programme sur les espèces méditerranéennes travaille au coude à coude avec de nombreux individus et organisations afin d'atteindre ces objectifs. Ainsi, ses principaux partenaires sont : la Commission de la Sauvegarde des Espèces de l'UICN et les groupes CSE UICN de spécialistes, Conservation International, le Centre de Conservation International pour les sciences appliquées de la biodiversité, l'Accord sur la conservation des cétacés de la mer Noire, de la Méditerranée et de la zone atlantique adjacente (ACCOBAMS), la Convention de Barcelone, BirdLife International, Instituto Centrale per la Ricerca Applicata al Mare (l'Institut central pour la recherche scientifique et la technologie appliquée au milieu marin - ICRAM), la Fondation turque pour la recherche marine (TUDAV) ainsi que de nombreuses universités, y compris le Centro de Investigaçao em Biodiversidae e Recursos Genéticos da Universidade do Porto (Centre de recherches en biodiversité et ressources génétiques de l'Université de Porto - CIBIO/UP), l’American University of Beirut (Université américaine de Beyrouth - AUB) et l’Université d'Annaba (Algérie), etc.