La CEEAC octroie des subventions pour la lutte anti braconnage dans le cadre d’ECOFAC V

05 January 2014 | Article

Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Ecosystèmes Fragilisées d’Afrique centrale financé par l’Union Européenne, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) a octoyé des subventions pour soutenir les opérations de lutte anti-braconnage dans les écosystèmes transfrontaliers de savane qui s’étendent sur le nord Cameroun, le sud du Tchad et le nord-est de la RCA.

Le Programme Cameroun de l’UICN représenté par Leonard Usongo en tant que partenaire de la CEEAC et bénéficiaire de ces subventions, a pris part à la cérémonie officielle de signature des contrats à Libreville au Gabon, le 13 Décembre 2013.

La cérémonie de signature a été présidée par le Secrétaire général de la CEEAC Son Excellence Ahmed Allam -Mi, en présence du Ministre des Eaux et Forêts du Gabon, S.E. Tchako, l’Ambassadeur de bonne volonté de la CEEAC pour la LAB, l’ancien footballeur camerounais Patrice Mboma, les représentants de l'UE, les membres du corps diplomatique basés au Gabon, les ONGs et les médias locaux et internationaux. Cette cérémonie a permis la signature des subventions d’environ 3 millions € remises au bénéfice des principaux partenaires de conservation opérant dans le bassin du Congo à savoir la GIZ, l'UICN, le WWF, l'ANPN (l’Agence Nationale des Aires Protégées du Gabon), Conservation et Justice et la Fondation Aspinall.

La signature de ces subventions est une étape importante vers la mise en œuvre du Plan d'action d'urgence approuvé par les Etats d'Afrique centrale après la conférence de Yaoundé en Mars 2013. Cette  rencontre de Libreville s’est tenue aux lendemains de deux événements majeurs impliquant des dirigeants africains sur la lutte contre le braconnage des éléphants et le commerce de l'ivoire. Il s’agit notamment de la Conférence de Paris organisée par le Gouvernement Français pour soutenir les Etats d'Afrique centrale à lutter contre ce fléau qui a pris de l’ampleur ces dernières années, et qui a également accru les risques sécuritaire dans la région. Il s’agit aussi du Sommet de Gaborone organisé par le Gouvernement du Botswana en collaboration avec l'UICN et qui avait le même objectif de mobiliser la communauté internationale de la conservation afin de soutenir les efforts déployés par les pays africains pour lutter contre l'augmentation de la débâcle des populations d'éléphants d'Afrique.

La subvention de l'UICN est destinée à renforcer le travail en cours dans le complexe Binational de Sena Oura et Bouba Njida. Les activités de ce projet devront commencer sur le terrain en janvier 2014, pour une durée de 15 mois. Les fonds sont destinés à financer la sensibilisation et la concertation au sein des communautés locales, y compris les autres acteurs locaux dans la région ; à renforcer les systèmes judiciaires, notamment en ce qui concerne le suivi, le rapportage et la procédure pénale des braconniers appréhendés. D’autres activités phares à considérer dans le cadre de ce projet comprennent le renforcement des capacités des services judiciaires notamment en matière d'enquêtes, de documentation et d’établissement des rapports sur les crimes anti-braconnage, de mise en place des plates-formes de consultation avec les principales parties prenantes de la région, afin de construire une coalition de conservation solide pour la lutte contre le braconnage et le commerce de l'ivoire.

Il faut rappeler que le Cameroun et le Tchad ont signé un accord de collaboration transfrontalière en 2011 pour coordonner les initiatives de conservation dans les parcs nationaux de Sena Oura (Tchad) et Bouba Njida (Cameroun). En novembre dernier, un autre Accord a été signé à Ndjamena, cette fois entre trois pays (le Tchad, le Cameroun et la RCA) pour renforcer cette collaboration transfrontalière dans les zones protégées des écosystèmes de savane nord d’Afrique Centrale, qui abritent encore des populations importantes d'espèces de faune emblématiques comme les éléphants, les girafes, les élands de Derby, etc. mais qui sont sérieusement menacés par la criminalité faunique.


Une vue aérienne d'écosystèmes d'Afrique centrale et occidentale