Complexe Appui à la participation multi acteurs au processus REDD+ au Cameroun, au Congo, au Gabon, et en RCA

24 January 2014 | Article
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  Un an d’activité et réalisations majeures

Des stratégies nationales d’implication des femmes au processus REDD vers une stratégie sous – régionale genre sur la REDD
Il n’ya point de doute que des efforts importants doivent être davantage déployés pour parvenir à une représentation équilibrée et équitable des populations autochtones et des femmes dans le processus REDD+. En 2011, l’UICN avec l’appui financier de DANIDA en collaboration avec « Women’s Environment and Development Organization » (WEDO), a élaboré une feuille de route sur la prise en compte des femmes dans le processus REDD+ au Cameroun. Cette feuille de route a servi de matière pour l’élaboration du RPP du Cameroun qui reste aujourd’hui une référence en termes de prise en compte des femmes dans le processus REDD+.

Sur la base des acquis antérieurs liés à l’élaboration de cette feuille de route et de la dynamique d’implication de l’ensemble des parties prenantes et des groupes vulnérables, l’UICN a facilité l’élaboration des stratégies d’implication des femmes au processus REDD+ du Cameroun, du Congo et de la RCA dans le cadre du projet financé par le FFBC. Ces stratégies ont servi de base pour l’élaboration de la stratégie genre en matière de REDD+ et Changement Climatique en Afrique centrale, élaborée par le Réseau des Femmes (REFADD) avec l’appui de l’UICN.


La communication sur la REDD+ et les CC en langue Lingala et Sango


Pour une meilleure prise en compte et sensibilisation des populations locales au Congo et en RCA dans le processus REDD+, l’UICN a opté pour la traduction de certains outils de communication en langues locales. Nul n’ignore en effet la place des acteurs locaux surtout des populations riveraines dans les processus de gestion durable des ressources naturelles et surtout la REDD+. Elles sont supposées être les premiers  bénéficiaires des retombées liées à la REDD+. C’est ainsi que l’UICN, dans le cadre du projet UICN-FFBC a conçu des dépliants de sensibilisation des acteurs en Lingala et Sango, couramment parlé respectivement au Congo et en RCA. Au total 3 000 dépliants de ce type ont été produits, distribués, et ont permis d’atteindre des milliers de populations qui n’ont pas accès aux autres outils de communication, dans le but de faire passer le message de la REDD+ et la lutte contre le changement climatique.

 
« Comment aborder la REDD+ au Cameroun » : un document technique préfacé par le MINEPDED pour aider à l’élaboration de la stratégie nationale REDD+


La lutte contre les Changements Climatiques constitue aujourd’hui l’une des priorités du gouvernement du Cameroun. Ce qui a été matérialisé entre autres par l’élaboration du R-PP, la mise en place du cadre Institutionnel pour la REDD+ au Cameroun, la mobilisation des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux sur le processus, la mise en place d’une démarche participative vers la stratégie nationale REDD+. La REDD+ est un concept nouveau pour la majorité des acteurs, et il importe de mettre un accent sur la production des connaissances et données utiles pour la construction de la stratégie nationale. L’UICN s’est engagé dans cette optique depuis 2009 et continue dans la même lancée avec le projet UICN-FFBC. C’est ainsi qu’une base documentaire a été produite dans les domaines de la gouvernance forestière et environnementale, des facteurs de déforestation et de dégradation des forêts, des données socio-économiques et de dépendance des communautés à la forêt, des aspects institutionnels, etc. L’ensemble de ces connaissances ont été compilées et valorisées pour produire un document intitulé « Comment aborder la REDD+ au Cameroun ». En ce moment où le Cameroun se prépare à lancer le processus d’élaboration de sa stratégie nationale REDD+ ainsi que son plan d’adaptation au changement climatique, ce document technique, va aider les acteurs, notamment ceux qui seront impliqués de près dans ces processus nationaux, à mieux canaliser les réflexions et orientations stratégiques sur la REDD+ et les changements climatiques. Ledit document, qui est préfacé par le Ministre de l’Environnement a été dédicacé lors d’une Cérémonie de vernissage présidée par le Ministère de l’Environnement et en présence des bailleurs et partenaires au développement (FFBC, FAO, PACEBCO, COMIFAC, etc.).
 

Le processus de démembrement de la plateforme REDD+ des OSC du Cameroun se concrétise dans le TNS
La plateforme nationale REDD+ et changement climatique des organisations de la société civile  du Cameroun a été mise en place en juillet 2011 avec l’appui technique et financier de l’UICN. Cette plate-forme a pour but de favoriser l’interface entre les organisations de la société civile et les autres partenaires impliqués dans le processus REDD et changement climatique au Cameroun, et veille à une participation efficace et effective de l’ensemble de la société civile à toutes les discussions relatives à la REDD et aux changements climatiques en général tant au niveau local qu’au niveau régional, national et international. La Charte de cette plate-forme prévoie des démembrements au niveau régional, communal et villageois. Le processus de démembrement au niveau régional est déjà effectif et se poursuit au niveau des communes. C’est dans cette optique que le projet UICN-FFBC a appuyé la mise en place des démembrements communaux dans les trois communes du paysage TriNational de la Sangha, à savoir Yokadouma, Salapoumbe et Moloundou. A l’issue des différents ateliers organisés à cet effet, les coordinations communales ont été mises en place par un scrutin de liste et à la majorité relative. Cette structuration va permettre à la plate-forme d’être effectivement présente et organisée au niveau de ces communes, pour jouer son rôle d’interface entre les OSC et les partenaires impliqués dans le processus REDD+ au Cameroun.

Les acteurs de la RCA : main dans la main pour répondre aux attentes du FCPF dans le R-PP de la RCA

Le Gouvernement Centrafricain à travers le Ministère de l’Environnement et de l’Ecologie s’est engagé dans le cadre du processus REDD+, et a soumis son document de préparation à la REDD+ (RPP) à Berlin en Octobre 2011. Le Comité des participants a validé ce document  et a formulé un certain nombre de commentaires à prendre en compte avant que la RCA ne bénéficie des allocations du FCPF pour l’élaboration de la stratégie nationale REDD+.
C’est ainsi que le Gouvernement Centrafricain en collaboration avec l’UICN et l’USAID a organisé un atelier de validation et de partage des réponses aux commentaires formulés par les membres du Comité des Participants. Cet atelier qui regroupait environ 80 personnes a permis de : (i) améliorer la compréhension des acteurs présents sur l’état d’avancement du processus REDD+ en RCA ; (ii) finaliser et valider les réponses aux commentaires et recommandations du Comité des Participants du FCPF. Ce qui devrait faciliter le processus de mobilisation des allocations du FCPF pour la stratégie nationale REDD+ en RCA.

Les Réseaux de la CEFDHAC plaident pour la REDD+ et la prise en compte des droits des populations vulnérables
 Les membres des réseaux de la CEFDHAC, notamment le REPALEAC, le REFADD et le REJEFAC ont bénéficié d’un atelier préparatoire en prélude au 7ème Forum de la CEFDHAC qui devait se tenir à Kigali. Cette rencontre avait été organisée avec l’appui des projets UICN-FFBC, UICN-ACDI et la GIZ, pour assurer une participation effective et efficace de ces réseaux aux futures échéances importantes (7ème forum de la CEFDHAC, Conseil des Ministres de la COMIFAC, CoP 18 de Doha, etc.). Ainsi l’atelier a permis aux réseaux d’améliorer leur compréhension sur le processus REDD+ et ceux-ci ont préparé des recommandations et positions par rapport à ce processus, lesquelles ont été présentées, soutenues et adoptées dans les recommandations du Forum de la CEFDHAC. Parmi ces positions figuraient entre autre la nécessité de sécuriser les tenures foncières notamment pour les populations vulnérables dans le cadre du processus REDD+ et autres processus politiques en matière de gestion des ressources forestières, et ceci a été adopté par le Conseil des Ministres de la COMIFAC tenu à Ndjamena en novembre 2012.
 

La Plate – Forme REDD des OSC du Congo se renforce pour accompagner le processus REDD+

L’implication de toutes les parties prenantes étant nécessaire à la mise en œuvre du processus REDD+ dans un pays, l’UICN, aux fins d’assurer la participation effective de la société civile et du secteur privé au dit processus en République du Congo, a amorcé la structuration des plates-formes REDD+. C’est dans ce cadre qu’un atelier de formation des membres de la société civile, des secteurs public et privé sur le concept de plate-forme dans le processus REDD+ en République du Congo a été organisé à Brazzaville. Cet atelier à permis aux acteurs présents (représentants des administrations publiques, de la société civile et du secteur privé) de mieux comprendre le concept de plate-forme dans le processus REDD+ tel que prévu dans le R-PP. Il a également permis à la société civile d’amorcer une réflexion dans le sens de mieux structurer et dynamiser leur plate-forme. Ce qui a abouti à une feuille de route adoptée lors d’un atelier restreint de la société civile en juillet dernier. Cette feuille de route est focalisée sur les aspects de gouvernance, de renforcement institutionnel et organisationnel, ainsi que de renforcement des capacités sur la REDD+.


Le Groupe de travail Climat de la COMIFAC s’organise en vue de  préparer les négociations internationales sur la REDD+ et les Changements Climatiques
Au cours de la 18ème Conférence des Parties (COP 18) de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) qui s’est tenue à Doha au Qatar du 26 novembre au 07 décembre 2012, les enjeux d’intérêt pour les pays du Bassin du Congo ont fait l’objet de négociations au sein des groupes de travail spéciaux existants (Groupe de Travail Spéciaux du Conseil Scientifique et Technologique  - SBSTA, et de mise en œuvre - SBI). Ces enjeux pour les pays membres de la COMIFAC portaient entre autres sur les questions méthodologiques et de financements liés à la REDD+. Sur la base de ces enjeux, les négociateurs des pays membres de la COMIFAC ont proposé lors de cette conférence de Doha que des solutions pertinentes soient trouvées en ce qui concerne certains aspects relatifs à la REDD+. C’est ainsi qu’un atelier sous régional de ces négociateurs, constitué du Groupe de Travail Climat des pays de la COMIFAC s’est tenue à Libreville du 12 au 13 mars 2013. Cet atelier sous-régional a permis aux membres du Groupe de Travail Climat de la COMIFAC de procéder à l’élaboration d’une position commune relative aux sujets d’intérêt pour le bassin du Congo, en rapport avec les termes de référence de la 38ème SBSTA et de la 38ème SBI.


Les réseaux de la CEFDHAC et autres acteurs de la société civile à l’école de la REDD+
L’UICN a organisé avec le financement du FFBC et de l’ACDI la formation sous régionale sur la REDD+ à l’intention des réseaux de la CEFDHAC (REJEFAC, REFADD, REPAR, ReRAC) et d’autres groupes cibles de la société civile. Cette formation s’est tenue du 27 février au 02 mars 2013 à Douala. L’objectif de l’atelier était de présenter le portrait complet de la REDD+ tout en restant simple et en procurant aux différents groupes cibles de la société civile des outils appropriés pour un plaidoyer efficace sur la REDD+. À la fin de celui-ci, les participants ont rédigé des notes de position pour chaque réseau sur la REDD+ dans le but de développer leurs plaidoyers sur la REDD+ aux niveaux national, régional et international. Sous la houlette de la COMIFAC, cette formation a connu la participation active d’une quarantaine de participants venus de 9 pays d’Afrique centrale, particulièrement les représentants des Réseaux spécialisés de la CEFDHAC, notamment des Parlementaires (REPAR), des jeunes (REJEFAC), des femmes (REFADD), des Plates formes nationales REDD+ et CC de la société civile des pays d’Afrique centrale ; et de certaines organisations actives dans le domaine de la REDD+ dans les pays du Bassin du Congo. Elle a été pilotée techniquement par l’UICN, l’Université de Laval et la Coordination nationale REDD+ du Congo.

L’annonce de cette formation à travers le site web du PFBC a suscité une très grande sollicitation de la part de nombreuses organisations en Afrique centrale, voire de l’ouest. Malheureusement pour des raisons d’efficacité et pour respecter dans les affectations budgétaires des projets concernés, il était difficile de répondre à une demande aussi forte. Celle-ci traduit cependant le besoin encore très marqué d’étendre la formation et de diffuser largement les connaissances sur la REDD+.


Une approche participative pour l’identification et suivi des facteurs de déforestation et de dégradation des forêts

L’un des enjeux du processus REDD+ en Afrique Centrale est la mise en place d’un système de mesure et de la vérification de la déforestation et de la dégradation des forêts. Cela suppose une bonne connaissance des causes principales de ces phénomènes. Les approches jusqu’alors utilisée  sont basés sur des modèles scientifiques, pas toujours à la portée des populations locales qui vivent et font face à ces facteurs au quotidien. C’est pour cela que l’UICN a conçu et testé une approche participative d’identification et de suivi des facteurs de déforestation dans le TNS et le TRIDOM.

Cette approche est fondée sur l’outil D-P-S-I-R (forces motrices (drivers) – pressions – état (state) – impacts – réactions) qui a été développé pour mieux apprécier l’état de l’environnement à l’usage des décideurs. Le principe de base de ce modèle est le suivant : les différentes activités menées par les acteurs (forces motrices) exercent des pressions sur les composantes de l’environnement forestier; ces pressions influencent l’Etat de ces composantes; les changements d’Etat qui en découlent entraînent des Impacts. La société à son tour réagit en apportant des Réponses (légales, économiques,…). Et enfin, les décisions prises influencent à leur tour le système en amont.

Le travail de l’UICN dans le cadre du projet financé par le FFBC a permis donc d’identifier de manière participative les facteurs directs et indirects de déforestation et de déforestation et de dégradation des forêts dans le TNS et le TRIDOM qui sont présentés dans le tableau suivant :

Facteurs directs

Paysages

 

Facteurs de déforestation

Facteurs de dégradation des forêts

TNS & TRIDOM

1.      

Exploitation industrielle du bois

Exploitation minière artisanale

2.      

Exploitation minière industrielle

Exploitation artisanale du bois et non durable des PFNL

3.      

Exploitation agricole

Exploitation forestière communautaire / communale

4.      

Développement infrastructurel et urbanisation

Braconnage

Facteurs indirects

Paysages

 

Facteurs de déforestation

Facteurs de dégradation des forêts

TNS & TRIDOM

1.      

Croissance démographique

Croissance démographique

2.      

Niveau de sensibilisation et mécanismes de participation des acteurs

Niveau de sensibilisation et mécanismes de participation des acteurs

3.      

Conflits entre les acteurs et utilisateurs des ressources

Conflits entre les acteurs et utilisateurs des ressources

4.      

Faiblesse des opérations de contrôle des services de l'état

Faiblesse des opérations de contrôle des services de l'état

                      Quelques réalisations phares en chiffres
•        Une note politique préparée et soumise par le Réseau de Foresterie communautaire dans le cadre de la loi forestière du Cameroun pour la prise en compte des aspects REDD+ sur les dispositions relatives à la foresterie communautaire
•        Trois études sur les mécanismes de partage des revenus issus de l’exploitation forestières réalisées pour le Cameroun, la RCA, le Congo. De ces études, il ressort que le modèle « Gestion des Redevances Forestières au Cameroun » du Cameroun est proposé pour être adapté en vue de la construction du mécanisme de partage des bénéfices de la REDD+
•        Au moins 2135 personnes formées et sensibilisées, dont 1437 femmes et 1647 populations autochtones sur le processus au Cameroun, Congo et RCA
•       Au moins 2169 personnes (dont 1452 femmes et 1677 populations autochtones) formées et sensibilisées sur le processus au Cameroun, Congo et RCA
•       Un dépliant sur la REDD et le Changement Climatique produit en 4500 exemplaires et en trois langues (français, sangho et lingala) puis distribué à au moins 3000 personnes.
•       Trois documents de stratégie d’implication des femmes et des peuples autochtones pour le Cameroun, le Congo et la RCA disponibles
 


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