Une chance pour la survie des espèces d'eau douce d'Afrique

09 June 2011 | International news release

Gland, Suisse, 9 Juin 2011 (UICN) – L'Afrique a une occasion unique de conserver l’immense diversité de ses espèces d'eau douce - une ressource essentielle pour de nombreuses personnes parmi les plus pauvres d’Afrique. Les pays africains peuvent désormais décider d’utiliser leurs ressources en eau de manière durable, et éviter de payer des millions de dollars, comme c'est le cas en Europe, pour remédier à la mauvaise planification du développement des zones humides.

Les décideurs en Afrique sont maintenant en mesure de bénéficier d'une carte interactive en ligne, publiée dans le cadre de la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées™, pour chacun des 7 079 sous-bassins versants des cours d'eau et lacs d’Afrique continentale. Cette carte fournit des informations sur la distribution et les besoins pour la conservation ou l’écologie de 4 989 espèces d'eau douce, dont 21% sont déjà menacées. Cet outil d'accompagnement et le rapport «La diversité de la vie dans les eaux douces d'Afrique: sous l’eau, sous la menace » fournit des informations essentielles pour aider à l'élaboration de plans de développement qui réduiront ou éviteront les impacts sur les espèces d'eau douce.

"L'importance des espèces d'eau douce africaines est généralement méconnue. Un quart des pêcheries intérieures du monde est situé sur le continent africain et, dans certains pays, les animaux d'eau douce représentent 75% de l'apport en protéine des personnes", dit William Darwall, Gestionnaire du projet et de l'unité de l'UICN sur la biodiversité d'eau douce. "Les espèces d'eau douce succombent souvent à des dommages collatéraux dus au développement, mais dans de nombreux cas cela peut être évité par une planification minutieuse basée sur des informations solides."

Plusieurs projets de gestion de l'environnement utilisent déjà les informations de cette étude pour surveiller les impacts d'un barrage hydro-électrique sur le fleuve Gambie, promouvoir la conservation des zones humides transfrontalières dans le delta de la Rusizi; surveiller la qualité de l'eau dans le delta de l'Okavango, et intégrer les espèces d'eau douce dans la gestion du bassin versant de la Moulouya au Maroc.

"Il s'agit d'un tournant majeur dans l'histoire de la biodiversité d'eau douce d'Afrique - rien de mieux, ou de comparable, n’existe à ce moment précis," dit Paul Skelton, Directeur de l’Institut sud-africain pour la biodiversité aquatique. "Les informations sur les poissons d'eau douce ont déjà fait leurs preuves dans un certain nombre de projets de planification de la conservation en Afrique du Sud, y compris les travaux concernant la protection juridique des espèces menacées et la mise en place d'un cadre national pour les zones protégées couvrant les eaux douces."

Selon le rapport, le nombre d'espèces d'eau douce menacées en Afrique va augmenter considérablement si le développement des ressources en eau n'est pas planifié de façon durable. Parmi les principales menaces, on peut citer la perte ou la dégradation de l'habitat pour l'agriculture et les impacts de nouvelles infrastructures comme les barrages pour l'irrigation et l'hydroélectricité.

« Cette production représente une contribution très importante pour l’Afrique; je m’attends en effet à ce que les experts africains l’utilisent comme outil de formation et d’information sur les espèces aquatiques, et de planification de la valorisation des ressources halieutiques. Je crois également que les chercheurs africains aideront dans la mise à jour périodique de cette liste qui n’est évidement pas figée », déclare Aimé Nianogo, Directeur régional de l'UICN pour l’Afrique centrale et occidentale.

Pour plus de renseignements ou pour fixer une entrevue, veuillez contacter :

Félicité Mangang, Chargée de communication, Bureau régional pour l’Afrique centrale et occidentale,
t: +226 5036 4979 – 5036 4895, felicite.mangang@iucn.org



 


Une vue aérienne d'écosystèmes d'Afrique centrale et occidentale