Droit de l'environnement en Afrique : pour le renforcement de sa mise en oeuvre effective

08 November 2013 | News story

Le Colloque international sur le droit de l’environnement en Afrique s’est tenu à Abidjan en Côte d’Ivoire, du 29 au 31 Octobre 2013 sur le thème « Mécanismes institutionnels et financiers de mise en œuvre du droit de l’environnement en Afrique dans la perspective du développement durable ». Regroupant une centaine de participants venant d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et représentant les experts juristes de l’environnement, les acteurs de la préservation de l’environnement, les institutions étatiques, de la recherche, des universités, des institutions africaines et internationales, des ONG, des collectivités locales, du secteur privé, il a permis d’engager une réflexion approfondie sur les synergies d’actions en vue de consolider les acquis et d’ouvrir de nouvelles pistes pour favoriser l’essor du droit de l’environnement.

Cette édition était organisée conjointement par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD)-Organe subsidiaire de la francophonie, le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire avec l’appui de leurs partenaires, l’Université Senghor d’Alexandrie-Opérateur direct de l’OIF, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Dr Rémi Allah-Kouadio, Ministre de l’environnement, de la salubrité urbaine et du développement durable de Côte d’Ivoire.

Des différentes interventions et présentations suivis d’échanges fructueux, il est ressorti les points clé suivants :

 - A l’instar des espèces inscrites sur la liste rouge de l’UICN, le droit de l’environnement est menacé de disparition à cause de la régression consécutive à la dérégulation, qui entraîne la diminution des protections qu’offre le droit à la société (cas des pays qui se sont retirés des Les accords multilatéraux sur l'environnement-AME), et de l’inaction due à la non application du droit de l’environnement.
    
- Le droit de l’environnement continue en effet d’être perçu par les divers pouvoirs comme un obstacle à la réalisation des projets et programmes, mais en réalité, il représente une opportunité en ce qu’il favorise des innovations dans le domaine des lois pour accompagner les changements permanents dans le secteur de l’environnement.
 
- Le droit de l’environnement doit générer des réglementations qui s’intègrent aux cultures locales et aux besoins des communautés, et le juge doit s’adapter à cette nouvelle perspective éthique.  
    
- Il appelle à une cohérence institutionnelle aux plans national et global, devant se traduire par une évolution du PNUE vers une Organisation Mondiale de l’Environnement à terme.
 
- Il s’agira de faire du droit de l’environnement un outil de choix pour une transition des Objectifs du millénaire pour le développement vers les Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2015.
 
- Il est salutaire d’alerter psychologiquement les sociétés du monde entier en établissant une liste rouge des régressions notées dans le monde.
 
- Il est aussi question de faire des universités le tremplin de la vulgarisation du droit de l’environnement, par la création d’une masse critique de praticiens du droit de l’environnement, par le partage et l’accès aux connaissances (accès aux ouvrages, droit de l’environnement promu en domaine prioritaire du réseau des universités francophones, etc.).

- Les banques de développement et les organisations d’intégration régionales doivent accorder un appui au droit de l’environnement à titre intégral, et ne pas se limiter à  inscrire des activités y relatives (formation, réformes, etc.) dans des projets et programmes sectoriels qu’ils financent.

Les participants au colloque, à l’issue d’échanges approfondis sur les mécanismes institutionnels et financiers susceptibles de renforcer l’effectivité du droit de l’environnement en Afrique, se sont accordés sur deux séries de recommandations concernant cette double dimension institutionnelle et financière de la mise en œuvre du droit de l’environnement dans l’optique du développement durable.

Par ailleurs, le panel organisé à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, en collaboration avec la Commission de la recherche scientifique et technique a permis d’échanger sur le rôle du Parlementaire dans le développement et la mise en oeuvre du droit de l’environnement.

Pour plus d’information, contactez :
yacouba.savadogo@iucn.org
faouzia.abdoulhalik@francophonie.org 


Une vue aérienne d'écosystèmes d'Afrique centrale et occidentale