Processus de reforme forestière au Cameroun : les femmes remettent officiellement leur contribution

11 May 2012 | News story
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Le Réseau Femmes Africaines pour le Développement Durable, antenne du Cameroun (REFADD-Cam) a remis officiellement ses propositions d’amélioration de la loi forestière de 1994 le 04 mai 2012 au comité technique en charge du processus de relecture de cette loi au Ministère des Forêts et de la faune (MINFOF).

Le Réseau Femmes Africaines pour le Développement Durable, antenne du Cameroun (REFADD-Cam) a remis officiellement ses propositions d’amélioration de la loi forestière de 1994 le 04 mai 2012 au comité technique en charge du processus de relecture de cette loi au Ministère des Forêts et de la faune (MINFOF).

La réforme forestière du début des années 90 au Cameroun a favorisé sous diverses formes l’intégration des populations locales dans la gestion des massifs forestiers et des revenus tirés de leur exploitation. Toutefois, le rôle et la place de la femme ne ne sont pas explicitement pris en compte, ni dans le document de politique forestière, ni dans la loi et des textes d’application.

Malgré la grande implication des femmes dans l’exploitation et la commercialisation des produits forestiers non ligneux, la loi semble l’ignorer à travers une définition restrictive du droit d’usage, limité à l’autoconsommation, qui prive les femmes d’importantes ressources monétaires qu’elles pourraient générer à travers la commercialisation de ces produits et les contraint à vivre dans une situation permanente d’illégalité.

Aucune disposition légale ou réglementaire n’impose une équité de genre au sein des institutions communautaires ayant une certaine responsabilité dans la gestion des ressources forestières. La représentativité des femmes au sein de ces institutions n’est pas formellement recommandée, ni dans les institutions de gestion des forêts communautaires, ni dans les comités de gestion des redevances forestières ou même dans les Comités Paysans-Forêt (CPF).

De même, aucune disposition légale et règlementaire n’impose une équité de genre dans la répartition des bénéfices générés par l’exploitation des ressources forestières. Il en résulte que les femmes sont très souvent marginalisées et les projets, lorsqu’ils sont initiés et réalisés ne tiennent pas suffisamment compte des besoins spécifiques des femmes.

Cette situation met en exergue le principal défi auquel les femmes font face au Cameroun comme en Afrique Centrale de façon général, celui de la reconnaissance de leurs droits fonciers et forestiers. En effet, elles n’ont pas toujours accès à la propriété foncière et forestière. Elles sont le plus souvent usufruitières sur les terres généralement détenues par les hommes. Là où, elles ont des droits plus ou moins étendus, leur exercice et leur durée restent très précaires, ceux-ci pouvant être ôtés à tout moment.

La relecture de la loi forestière de 1994 offre une extraordinaire opportunité pour contribuer à régler les injustices dont les femmes sont victimes. Même si l’équité de genre dans la gestion forestière n’a pas été initialement identifiée comme groupe thématique, les groupes de femmes n’ont pas voulu laisser passer cette opportunité qui leur permettrait de se faire entendre et de défendre leurs droits, besoins et intérêts en relation avec les gestions des ressources forestière.

C’est ainsi que, grâce à l’appui financier et technique de l’UICN, à travers le projet Towards Pro Poor REDD, un processus de consultations a été entrepris avec les femmes du REFADD -Cam en vue de faciliter leur contribution à la relecture de la loi forestière. Ce processus a abouti à des propositions relatives à la prise en compte des droits des femmes dans la future loi. Elles ont  été remises officiellement au MINFOF. La cérémonie était présidé par l’Inspecteur N°1 du MINFOF.

Pour plus d'infos : Chantal WANDJA


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