Au cours des cinquante dernières années, plus de 150 grands barrages ont été construits en Afrique de l’Ouest. Bien d’autres sont en phase de planification pour faire face aux besoins de la région en termes d’énergie, d’eau potable et d’agriculture, et leur construction nécessitera le déplacement de plusieurs milliers de résidents locaux.
Les barrages représentent des investissements importants si on considère les ressources limitées dont disposent les pays en développement. Ils répondent bien souvent à des enjeux de développement nationaux, comme par exemple, fournir l’énergie électrique nécessaire au développement économique du pays, réduire la dépendance vis à vis des sources d’énergie importées, améliorer la sécurité alimentaire du pays etc.
Certains – mais c’est plus rare – visent aussi le développement de la zone où ils sont construits. Ils essaient alors de moderniser les systèmes de production locaux, de désenclaver la région et de développer de nouvelles activités, comme la pêche ou le tourisme. Toutefois, cet objectif de développement local ou régional est toujours subordonné à un objectif principal de développement national, qui justifie l’intervention de l’Etat.
Quand on analyse les résultats obtenus par rapports aux objectifs initiaux, les ouvrages hydro-électriques présentent généralement un bilan satisfaisant : ils fournissent l’électricité attendue, quelquefois même davantage que ce qui était prévu si les conditions climatiques sont bonnes. Les résultats des barrages à vocation agricole sont souvent plus mitigés, l’agriculture irriguée mettant en jeu un ensemble complexe de facteurs techniques, économiques, organisationnels et culturels qui sont moins faciles à maîtriser pour les Etats que la production et la distribution d’électricité.




