Comment les connaissances et pratiques locales s’adaptent aux changements climatiques

14 May 2012 | Article

La valorisation des connaissances ainsi que les pratiques et technologies locales d’adaptation améliorent les conditions de vie des populations locales, rapporte une étude de l’UICN sur les stratégies locales d’adaptation au changement climatique réalisée en Afrique de l’Ouest.

Si les effets du changement climatique se ressentent au niveau local et individuel et seront plus néfastes sur les populations dépendant des ressources naturelles, les expériences montrent que les moyens d’adaptation mis en place par les populations locales contribuent à améliorer leurs conditions d’existence. Le rapport de l’étude de capitalisation des connaissances, pratiques, stratégies et technologies locales d’adaptation au changement climatique réalisée par le Programme Afrique Centrale et Occidentale de l’UICN (PACO) en fait une large mention. L’étude a été menée dans le cadre du projet visant l’intégration du changement climatique dans les politiques de développement avec le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal comme pays pilotes.

Les pratiques et stratégies ont évolué pour s’adapter
Le rapport note d’emblée que « les connaissances des populations locales en matière de changements climatiques sont essentiellement basées sur l’observation des composantes de la nature et de certains phénomènes climatiques et les différentes pratiques observées dans les différentes zones d’intervention ont évolué pour mieux s’adapter au changement climatique ». Ainsi, des stratégies et techniques variées ont permis aux populations locales de faire face à la variabilité et péjoration climatique notamment en matière de production agricole et de mobilisation de l’eau.
L’agriculture représente le secteur qui sera le plus perturbé par les changements climatiques et celui qui a le plus besoin de s’adapter. Des stratégies diverses sont développées selon les régions étudiées et se situent principalement dans le changement des pratiques agricoles (utilisation de plusieurs variétés d’une même spéculation la même année agricole), le choix des spéculations (celles à forte capacité d’adaptation), la sécurité alimentaire (banques de céréales), la gestion de l’eau et la promotion des activités génératrices de revenus (microcrédits communautaires). Le rapport fait une synthèse des stratégies alternatives basées sur les possibilités locales et celles nécessitant un appui extérieur. Les technologies mises en place sont aussi multiples et diverses et comprennent les infrastructures antiérosives, d’élevage, forestières, d’aménagement et de gestion de l’eau.

Une amélioration des moyens d’existence des populations locales
Selon le rapport de l’étude, la « valorisation des connaissances ainsi que l’opérationnalisation des pratiques et technologies locales d’adaptation ont permis d’améliorer la productivité agro-sylvo-pastorale, la mobilisation des ressources hydrauliques ainsi que les revenus des populations».
En effet, les technologies telles les cordons pierreux, l’épandage de la fumure organique, les cultures fourragères ou encore la fauche et conservation du foin naturel ont permis d’améliorer la productivité agro-sylvo-pastorale. Tandis que les aménagements des bas-fonds, la fixation des berges, les forages, les puits pastoraux et les points d’eau de surface ont facilité la mobilisation des ressources en eau destinée à des activités de production et de consommation. Quant aux activités telles que l’aviculture, la riziculture et l’élevage de petits ruminants ou la collecte de fruits sauvages, elles ont permis d’améliorer les revenus des populations, en particulier les femmes.

Le rapport souligne que la lutte contre la pauvreté dans les trois pays s’est matérialisée par la formalisation de documents stratégiques qui prennent en compte les changements climatiques et l’environnement. Il recommande donc une diffusion et valorisation des connaissances, pratiques, stratégies et technologies locales d’adaptation.