Période : 2009-2013

Contexte :

Les aires marines protégées prennent depuis le Sommet de Johannesburg une importance croissante. Elles apparaissent parmi les Objectifs du Millenium et dans les plans d’action de la Convention sur la Diversité Biologique, du Programme Global Marin – GMP de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature – UICN et de la Commission Mondiale sur les Aires Protégées – WCPA. Leur contribution est attendue pour la conservation de la biodiversité marine et pour la reconstitution des stocks halieutiques.

Si les aires marines protégées – AMP ont permis dans de nombreuses circonstances la conservation d’espèces à valeur patrimoniale, leur contribution à la gestion des pêches reste difficile à documenter. Cet objectif n’est généralement pas celui qui a présidé à la création des AMP, les systèmes de suivi existants ne permettent pas de démonstration évidente de leurs effets sur les ressources halieutiques et les acteurs de la pêche, gestionnaires comme professionnels, sont peu ou pas associés à leur conception et leur gestion.

Pourtant, dans un contexte général de dégradation des pêches, les AMP sont de plus en plus communément considérées comme des outils puissants pour le renouvellement des ressources marines et sont fréquemment vendues par un discours idéaliste comme l’ultime solution de la durabilité. Cela génère le risque de voire les AMP adoptées comme telles et mises en place sans que des efforts suffisants soient développés pour « apprendre » à les utiliser de manière raisonnée pour la gestion du secteur. Certaines créations récentes d’AMP ont même généré, exacerbé ou entretenu des conflits de compétences ou de prérogatives entre les institutions publiques en charge des pêches et de l’environnement.

A travers le projet « Appui aux initiatives de cogestion et à l’intégration des AMP dans la gestion des pêches », financé par l’AFD (2009-2013), la CSRP, organisation intergouvernementale de coopération dans le domaine halieutique, vise à soutenir ses Etats membres par des actions concrètes et de meilleures capacités de conseil sur les questions liées aux nouvelles approches de la gestion des pêches. L’objectif principal du projet est de permettre aux Etats membres de la CSRP de mettre en œuvre des systèmes de gestion durable des pêches et de l’environnement marin aux plans biologique, économique et social.

Les objectifs spécifiques du projet, qui correspondent à ses trois composantes, sont les suivants :

i)    renforcer le rôle des mécanismes de cogestion dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de pêche des Etats membres de la CSRP ;

ii)   promouvoir des AMP contribuant à la gestion durable des pêches en développant des outils de compréhension du fonctionnement des AMP et d’évaluation de leurs impacts sur la pêche ;

iii)  renforcer les capacités de la CSRP en matière d’appui et de conseil pour l’élaboration de politiques des pêches intégrant les concepts de cogestion et d’approche écosystémique.

Descriptif du projet :

Objectifs :

Dans le cadre de la composante 2, l'UICN a soumis une offre à la CSRP pour la mise en œuvre des volets 2.2 et 2.3, qui visent respectivement :

  • à soutenir, dans des AMP existantes ou en cours de création, le développement de méthodes de suivi et d’évaluation de leurs impacts sur la gestion des pêches, et la participation des différentes parties prenantes concernées par ce suivi
  • à appuyer les AMP sélectionnées dans l’amélioration de leurs plans de gestion et à contribuer à la révision des politiques sectorielles de gestion des pêches et de l’environnement marin

Principaux résultats attendus :

Le volet 2.2 concerne « l’élaboration et le test in situ de méthodes de suivi et d’évaluation de l’efficacité des AMP pour la gestion des pêches ». L’objectif est de développer des indicateurs pertinents et rigoureux qui répondent aux préoccupations de tous les acteurs du secteur des pêches (des gestionnaires jusqu’aux pêcheurs), et tiennent compte des réalités locales (durée de financement des projets, difficultés logistiques, implication des acteurs dans le suivi).Il est prévu pour cela :

  • de mettre en œuvre des suivis scientifiques, par pêche expérimentale, selon des méthodologies déjà définies précisément par l’IRD (Sous-volet A)
  • et également d’engager une démarche novatrice pour identifier, avec les acteurs de la pêche (pêcheurs notamment), des indicateurs pratiques, issus de leur propre perception et correspondant à leurs préoccupations concrètes (évolution de leurs activités de pêche, de leur niveau de vie, de leurs sentiments vis-à-vis des bénéfices ou conséquences des AMP, etc.) et de mettre en place un suivi de ces indicateurs dans lesquels ils seront  très fortement impliqués (Sous-volet  B). 

La mise en œuvre de ces champs d’activités permettra, à l’issue des 3 années du projet, d’évaluer la validité scientifique des indicateurs co-construits* en les comparant aux indicateurs scientifiques et de proposer une méthodologie de suivi à la fois simple et bien admise (car correspondant aux préoccupations et aux perceptions des acteurs des pêches), peu couteuse et peu contraignante (car très largement mise en œuvre par les population et nécessitant peu de matériel de mesure), que les pays pourront continuer à mettre en œuvre sans avoir besoin d’importants moyens financiers (Sous-volet D).

 

Le volet 2.3 concerne « l’appui aux AMP », à savoir la réalisation d’actions qui permettront une meilleure prise en compte du secteur pêche dans les plans de gestion des AMP et dans la cohérence des politiques sectorielles d’aménagement des pêches et de gestion de l’environnement. Il est prévu pour cela :

  • La réalisation d’une analyse critique des systèmes de gestion existants (implication des acteurs institutionnels, des acteurs du secteur pêche, bonne pratique de gestion, cohérence des politiques sectorielles, plans de gestion de l’AMP, etc.) (Sous-volet  C).
  • Dans un second temps, en tenant compte des leçons tirées des activités du volet 2.2 et des recommandations de l’analyse critique, il est prévu de conduire des interventions adaptées (échanges, recommandations, expertise pour accompagnement de réformes, plaidoyer national et régional, etc.) pour l’amélioration des systèmes de gestion existants et une meilleure intégration des AMP dans les politiques de gestion des pêche (Sous-volet  E).

Modalités d’intervention et partenariats :

MACO maitre d’œuvre, financements CSRP/AFD



* Dans un souci de clarté, pour éviter les mauvaises interprétations des termes utilisés et garantir l’appropriation d’un concept identique par tous les partenaires, il est proposé de parler ici d’ « Indicateurs co-construits » (ICC)