Période : 2009-2010

Contexte :

L’abondance des ressources halieutiques est de manière générale en forte régression en Afrique de l’Ouest, ainsi que la variété, ou la diversité des espèces disponibles pour alimenter régulièrement les marchés locaux et d’exportation.

Les méthodes de gestion appliquées ont plus que démontré leurs limites, voire leur défaillance, le secteur des pêches est en crise et les écosystèmes marins se dégradent ainsi que les services qu’ils procurent. Cette situation est en partie due à une approche productiviste et monospécifique de la gestion, qui a primé pendant les cinquante dernières années. Les scientifiques soulignent aujourd’hui les risques liés à l’appauvrissement de la diversité spécifique dans les différents étages trophiques de la chaine alimentaire marine, la nécessité de considérer de façon intégrée le fonctionnement des écosystèmes marins et d’adapter les modes d’exploitation en fonction d’objectifs de maintien d’équilibres naturels.

Malgré les recommandations en faveur d’une gestion écosystémique des pêches, il y a encore peu d’outils disponibles pour guider cette nouvelle approche. Les mesures et les avis guidant les décisions des gestionnaires s’attachent plus à définir des quotas d’exploitation qu’à mettre en lumière les risques de dégradation des écosystèmes marins.

La Liste rouge de l’UICN, qui illustre les tendances d’évolution des statuts des espèces et les risques de perte de biodiversité, n’est pas utilisée pour les poissons. De plus, les écologues et les environnementalistes, généralement plus attachés que les halieutes aux notions de diversité biologique et de services écosystémiques, ne disposent pas d’une véritable légitimité pour adresser des recommandations aux gestionnaires des pêches, en état de monopole des avis et partageant les grandes décisions pour l’octroi des droits d’accès avec les Ministères des Finances bien plus qu’avec les Ministères de l’Environnement. Pourtant, des données validées et appartenant au domaine public  permettraient de renseigner la Liste rouge et probablement d’autres outils mettant en évidence les risques que constituent la poursuite de l’exploitation des ressources sous les mêmes formes.

Les Etats de la CSRP, avec l’appui de l’Union européenne, ont conduit de 1998 à 2002 un vaste projet d’analyse des données disponibles sur les pêches (SIAP), pour une analyse diachronique sur cinquante ans des stocks de poissons démersaux côtiers. Les publications issues de ces travaux montrent comment ont évolué les populations pour de multiples espèces, en s’attachant à analyser l’évolution de l’abondance, de l’aire de répartition, de la structure des populations, autant de critères permettant de renseigner la Liste rouge.

Il est proposé de former des chercheurs halieutes des centres de suivi des pêches et de recherche océanographique sur l’utilisation de la Liste rouge et de tester celle-ci à partir des données publiées du SIAP. On aura ainsi une appréciation fine de la possibilité de renseigner la Liste rouge avec des données issues des programmes de suivi des pêches, de la complémentarité de cet outil avec ceux existant déjà et des possibilités de sensibilisation et de plaidoyer offertes par ce nouvel éclairage sur la situation des pêches.

Descriptif du projet :

Objectifs :

Former des chercheurs halieutes des centres de suivi des pêches et de recherche océanographique sur l’utilisation de la Liste rouge et de tester celle-ci à partir des données publiées du SIAP afin d’avoir une  appréciation fine de la possibilité de renseigner la Liste rouge avec des données issues des programmes de suivi des pêches, de la complémentarité de cet outil avec ceux existant déjà et des possibilités de sensibilisation et de plaidoyer offertes par ce nouvel éclairage sur la situation des pêches.

Principaux résultats attendus :

Résultat 1 : Un chercheur (groupe de chercheurs) halieutes issus des centres de recherche des Etats membres de la CSRP connaissent la Liste rouge et savent l’utiliser

Résultat 2 : Les données publiées du SIAP sur les poissons démersaux côtiers sont utilisées pour renseigner la Liste rouge pour au moins cinq espèces phare,

Résultat 3 : Les résultats du test sont présentés à la CSRP et l’intérêt de la Liste rouge pour la gestion des pêches est partagé par les décideurs des secteurs pêche et environnement,

Résultat 4 : Un projet régional est développé, destiné à l’intégration de la Liste rouge au sein des outils utilisés pour la gestion des pêches.

Principaux résultats obtenus :

Résultat 1 :

  • Participation d’un chercheur halieute à un groupe de travail liste rouge pour en maitriser la méthodologie (l’Atelier d’évaluation du statut de deux groupes d’espèces de poissons dans le cadre de la liste rouge de l’UICN : -Poissons-papillon (Butterflyfishes), famille de Chaetodontidae, -Poissons-ange (Angelfish), famille de Pomacanthidae – Atlanta – Octobre 2009)

Résultat 2 :

  • Evaluation-Test sur l’utilisation de la Liste Rouge de l’UICN comme outil de suivi des risques de perte de biodiversité : Application aux espèces de poissons démersaux côtiers exploitées en Afrique du Nord Ouest (rapport téléchargeable ci contre)

Résultat 3 et 4 :

         Projet régional pour l’évaluation de l’ensemble des poissons (1400 espèces) de la Mauritanie à la Namibie est en cours d’élaboration (UICN Siège)

 Modalités d’intervention et partenariats :

Financement et maitrise d’œuvre MACO

 

Contacts :

Idriss Deffry : idriss.deffry@iucn.org