Validation ministérielle du dialogue régional pour les forêts d’Afrique de l’Ouest

21 June 2010 | News story

Les ministres de l’environnement des pays de la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se sont réunis à Cotonou au Bénin le 11 juin 2010, avec leurs partenaires dont l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ils ont vigoureusement soutenu l’idée d’ouvrir un dialogue forestier en Afrique de l’Ouest pour renforcer la paix entre les pays.

Dans un discours d’ouverture enthousiaste, M. James Victor Gbeho, Président de la commission de la CEDEAO a souligné l’urgence d’une telle démarche pour sauver les forêts de la région qui régressent très rapidement. « Lorsque j’étais jeune, il y a quelques décennies à peine, il n’était pas possible d’aller d’Accra à Kumasi sans traverser de grandes forêts humides. Aujourd’hui ces forêts sont devenues très difficiles à voir » a-t-il dit en introduction de son discours.

La première étape du dialogue forestier sera d’élaborer un plan de convergence pour la gestion des écosystèmes forestiers d’Afrique de l’Ouest. Dans un délai de 18 mois, ce plan de convergence sera élaboré par un groupe d’experts de différentes disciplines et soumis à un processus de concertations nationales avant d’être validés par les ministres de la CEDEAO qui s’engageront à le mettre en œuvre.
Le plan de convergence apportera une nouvelle dimension régionale aux politiques et stratégies forestières en place, privilégiant les actions à caractère régional et transfrontalier qui ne sont pas prises en compte par les textes existants. Le dialogue est l’occasion d’associer au-delà des secteurs des forêts et de la faune, moteurs de cette initiative, les secteurs profitant des forêts mais ne contribuant pas à leur gestion. Il permettra aussi d’associer tous les types d’acteurs à commencer par les femmes contribuant encore très peu à la gestion des forêts.

L’Afrique de l’Ouest est la région du monde qui a le plus fort taux de déforestation du monde. Selon les chiffres des Etats publiés par la FAO depuis la première concertation des acteurs de la région à propos de ce dialogue forestier en 2006, ce sont environ 36.000 km² de forêts qui ont disparu, soit l’équivalent de la superficie de la Guinée Bissau. Pourtant, les forêts jouent un rôle fondamental dans de multiples domaines, de l’agriculture à la santé, en passant par la fourniture de l’énergie pour plus de 80 % des ménages de la sous-région. Aujourd’hui, les forêts sont aussi reconnues pour leur rôle en matière de conservation des ressources en eau, de limitation des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation au changement climatique.

L’UICN qui avait initié la rencontre de Ouagadougou au Burkina Faso en 2006 soutient activement ce dialogue régional sur les forêts qui peut créer les conditions d’une véritable coalition régionale d’acteurs pour les forêts en Afrique de l’Ouest et, à terme, inverser la tendance persistante à la disparition des forêts, capital environnemental par excellence, indispensable au développement régional. Elle était représentée aux assises par le Pr Aimé Joseph Nianogo, Directeur du bureau régional pour l’Afrique centrale et occidentale et M. Jean-Marc Garreau, Coordonnateur de Programme régional. 

Pour en savoir plus : martin.nganje@iucn.org