La promotion et le respect des droits des populations autochtones : éléments essentiels pour la réduction de la pauvreté et la durabilité des paysages forestiers en Afrique centrale

13 January 2010 | News story

Le 11 janvier 2010, l’UICN bureau du Cameroun, a abrité un atelier dont le but était de restituer une étude faite dans le cadre de la mise en œuvre des activités de l’initiative Paysages et Moyens d’Existence LLS, par le consultant Phil René Oyono. Cet atelier  a regroupé plusieurs partenaires entre autre le WWF, le CEES, le CERAD, le CED, le ROLD, etc. L’étude portait sur l’ « Analyse comparée du statut des droits des populations autochtones d’Afrique centrale : cas du Tri-national de la Sangha et des Grands Lacs ».

Elle prend appui sur une solide recherche documentaire, notamment sur la revue des textes normatifs internationaux, des constitutions et des lois nationales, la littérature scientifique et des documents de référence de certains programmes exécutés antérieurement dans les Grands Lacs et dans le Tri-national de la Sangha en faveur des populations autochtones.

Ladite étude a mobilisé des droits pluriels à savoir : les droits humains traditionnels, les droits citoyens, les droits aux services positifs, le droit à la propriété, dans le but de répondre à la question de savoir pourquoi les droits des populations autochtones constituent un problème et pourquoi ils font l’objet d’attention spécifique. En arrière plan, il s’est également agi de comprendre le lien entre les droits des populations autochtones et les deux mots clés de LLS que sont réduction de la pauvreté et gestion des paysages forestiers dans les  deux paysages considérés.

Monsieur René Oyono, lors de la restitution a montré des disparités dues au degré d’implémentation des droits de population dans le  Tri-national de la Sangha (TNS) et les Grands Lacs. C’est ainsi par exemple qu’il a relevé que l’accès à la propriété foncière est plus aisé dans le TNS que dans les Grands Lacs en raison de la densité de la population qui est moins importante dans la première région que dans la seconde. Par ailleurs, le droit à l’exercice des activités économiques est plus fort dans les Grands Lacs que dans le TNS, il est de même du droit à la citoyenneté. Cela lui a permis de conclure que plus les communautés ont des doits forts sur les ressources forestières, plus leurs conditions de vie sont améliorées.

A cet effet, il a été recommandé que :

  • Les droits des populations autochtones soient, de manière non optionnelle, mis en pratique dans tous les Etats considérés dans cette évaluation. A cet effet, une étape décisive doit être franchie avec l’exercice effectif des droits dits «dormants», la promotion des droits faibles et la sécurisation des droits à moyenne amplitude;
  • les législateurs, les décideurs et les organisations de défense des droits des populations autochtones veillent à l’application, à la préservation et à la stimulation des lois qui reconnaissent les droits des populations autochtones aux forêts et à la terre;
  • des processus multi-acteurs en vue de la promotion et du suivi de la participation des populations autochtones aux affaires locales et nationales soient déployés;
  • les processus de promotion et d’amélioration du statut des droits fassent toujours le lien entre les micro-contextes et les macro-contextes dans toutes les questions sectorielles comme l’éducation, la santé, la gestion des ressources, le genre, la production agro-pastorale et artisanale, etc.

Les prochaines étapes prévoient :

  1.  l’internalisation des questions de droit pour les projets de l’UICN (REDD, LLS, CARPE, etc.);
  2. l’influence des décideurs à travers le forum des populations autochtones ;
  3. l’intégration des conclusions dans l’étude COMIFAC  sur l’implication de la société civile dans la gestion durable ;
  4. la présentation des résultats de l’étude à la conférence sur la gestion communautaire à Montpelier en France, en mars 2010.

Contact : cleto.ndikumagenge@iucn.org / René Oyono : philreneoyono@yahoo.fr