BEST : un effet catalyseur pour l’outre-mer européen

21 April 2011 | News story

Tous les acteurs doivent allier leurs forces pour faire de BEST un succès, et les fonds disponibles doivent être utilisés stratégiquement pour des projets orientés vers l’action. Tel a été le message principal de la première conférence sur BEST, le régime volontaire pour promouvoir la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité dans les entités européennes d’outre-mer. Cette conférence a pris place au Parlement européen le 11 Avril 2011.

L’Union européenne a approuvé une enveloppe de 2 millions d’euros pour financer l’action préparatoire BEST. Mr. Maurice Ponga, l’un des partisans clefs de BEST, membre du Parlement européen et co-président du sous-groupe « Îles et outre-mer européen » de l’Intergroupe « changement climatique, biodiversité et développement durable », a déclaré que «soucieux de la protection de la biodiversité des territoires d’outre-mer européens, qui sont de véritables « réservoirs » d’espèces végétales et animales pour l’Union européenne, je suis vraiment heureux que l’initiative BEST ait pu voir le jour. »

Hon. Reuben T. Meade, gouverneur de Montserrat et président de l’OCTA (Association des Pays et Territoires d’Outre-mer), a ajouté que « la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité doivent aller de pair avec d’autres projets de développement durable, tous orientés vers l’amélioration de la qualité de vie pour les populations locales. La gestion efficace des ressources biologiques (telles que coraux et forêts) peut entrainer la résilience des écosystèmes et du capital naturel face au changement climatique, résilience qui est un enjeu critique pour Montserrat et d’autres territoires ultramarins des Caraïbes. Nous sommes en effet de petits territoires insulaires situés dans la ceinture des cyclones. »

« Les enjeux de la biodiversité et du changement climatique doivent donc être reliés dès l’origine » a déclaré Mr. Etienne Coyette, coordinateur changement climatique de la DG Développement et Coopération. Il a affirmé que « nous ne partons pas de zéro. BEST peut renforcer des mécanismes déjà existants, à l’instar de l’Alliance Mondiale contre le Changement Climatique de l’Union européenne. »

Mme Karin Zaunberger, responsable de programme Biodiversité de la DG Environnement de la Commission Européenne a continué en précisant que « BEST est un régime possible d’une haute efficacité par de faibles intrants, et aux bénéfices multiples. L’action préparatoire fournit une opportunité unique pour démontrer la valeur de BEST à travers des exemples réels et pour préparer le terrain à des mécanismes pérennes. La pensée stratégique et la solidarité doivent montrer la voie. »

« C’est un moment clef pour BEST, et l’argent disponible doit en effet être utilisé stratégiquement pour des projets conjoints orientés vers l’action » a souligné Mr. Jean-Philippe Palasi, Directeur des politiques européennes chez Conservation International Europe.

BEST est également une opportunité unique pour l’Union européenne à l’échelle internationale. « Les territoires ultramarins de l’Union européenne peuvent potentiellement apporter une contribution majeure aux engagements internationaux de l’Union Européenne par rapport aux résultats de la CDB à Nagoya et de la CCNUCC à Cancun. BEST offre la possibilité d’un effet catalyseur important quant à la manière dont l’Union européenne fait face, à la fois chez elle et dans le monde, aux enjeux de la biodiversité et du changement climatique dans l’Outre-mer européen », selon Mme Dominique Benzaken, coordinatrice du programme de l’UICN pour les régions ultrapériphériques et pays et territoire d’outre-mer de l’Union européenne.

« L’un des enjeux est l’accès aux financements pour la conservation et la gestion de nos espaces naturels », a souligné Mr. Meade. « La plupart des agences pourvoyeuses de soutien ont tendance à exclure les territoires ultramarins en les renvoyant à leur gouvernement de tutelle. L’outre-mer européen est donc heureux du lancement de BEST qui pourra fournir ce soutien crucial. » Il reste cependant important que l’accès à BEST soit suffisamment simple pour correspondre aux capacités dont les territoires disposent.

Mr. Meade a conclut que « BEST est le moyen par lequel l'outre-mer européen va pouvoir tirer les bénéfices sociaux et économiques de la conservation et de l’utilisation de leur biodiversité exceptionnelle. »

Mr. Ponga a fait part de son espoir d’une action préparatoire BEST qui se pérennise et soit reconduite pour les prochaines années. Il a ajouté qu’ «il est dans notre intérêt de travailler ensemble pour optimiser les actions de protection environnementale dans l’outre-mer européen et BEST est une excellente opportunité. Il est donc crucial que tous les acteurs ultramarins se mobilisent pour le succès de BEST en développant des programmes efficaces de protection de la biodiversité et des écosystèmes de l’outre-mer. »