Les espèces d’eau douce d’Afrique australe sous la menace

19 March 2009 | International news release

De nombreux poissons, crabes, libellules, mollusques et plantes aquatiques d’eau douce sont menacés d’extinction en Afrique australe si ses cours d’eau et ses lacs ne sont pas protégés contre les aménageurs, d’après l’UICN.

L’étude menée par le Programme des espèces de l’UICN, en collaboration avec l’Institut sud-africain pour la biodiversité aquatique, montre que 7% des espèces sont menacées ou éteintes dans la région. Cependant, ce chiffre montera en flèche si la conservation des espèces d’eau douce n’est pas intégrée dans les plans d’aménagement et de développement.

Ces espèces sont une source de nourriture pour les populations locales et certaines d’entre elles, notamment les mollusques, contribuent à purifier l’eau potable. Si, d’après l’étude, 77% des espèces ne sont pas menacées d’extinction, il n’existe pas d’informations suffisantes permettant de déterminer le statut des 16% restants.

« Ici, au Forum mondial de l’eau, on pense à l’approvisionnement en eau surtout en termes d’irrigation, d’énergie hydro-électrique et d’eau potable », dit William Darwall, Directeur de l’Unité de biodiversité d’eau douce de l’UICN. « On a tendance à oublier les espèces vivant dans l’eau, mais nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à le faire. Nous voulons que les aménageurs utilisent les informations de la Liste rouge UICN des espèces menacées pour trouver des moyens de limiter l’impact de la mise en valeur des ressources en eau sur les espèces d’eau douce. »

Les résultats de l’évaluation de 1279 espèces d’eau douce d’Afrique australe montrent que le nombre d’espèces menacées d’extinction s’accroît avec le degré de développement d’un pays. Sur les 94 espèces menacées d’Afrique australe, 78 se trouvent en Afrique du Sud, le pays le plus développé de la région.

« En Afrique, nous pouvons très bien éviter une crise d’extinction », précise Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « La plupart des aménageurs n’ont pas pris en considération les espèces d’eau douce simplement parce qu’ils n’ont pas les informations nécessaires. Nous espérons que cette étude fera évoluer les choses et montrera que les ressources en eau du continent africain peuvent être mises en valeur sans entraîner des milliers d’extinctions. »

Le rapport relève trois zones particulièrement riches en diversité, notamment le confluent du cours supérieur du Zambèze avec le Kwando et le Chobe au-dessus des chutes Victoria, le Komati et le Crocodile, affluents du bassin de l’Incomati à Mpumalanga, Afrique du Sud, et le bassin du Mbuluzi, également à Mpumalanga, Afrique du Sud, et au Swaziland.

De nombreux bassins côtiers d’Afrique australe comportent des sites hébergeant des espèces qui ne se trouvent nulle part ailleurs; c’est notamment le cas des fleuves Kunene et Kwanza sur la côte ouest de l’Angola, et du Rovuma, du Pungwe et du Buzi sur la côte est du Mozambique.

« Si nous souhaitons véritablement sauver ces espèces, il faut protéger les fleuves et les lacs en considérant les bassins fluviaux comme un tout », souligne Mark Smith, Directeur du Programme de l’eau de l’UICN. « Nous ne pouvons pas tenir compte uniquement de certains tronçons parce qu’ils ont un intérêt économique ou naturel. Pour obtenir des résultats, il faut gérer l’ensemble en utilisant tous les outils dont nous disposons pour répondre aux besoins en eau des populations et de la nature. »

Associés à d’autres études similaires menées à bien dans le reste de l’Afrique, les résultats de ce rapport serviront à élaborer un ensemble de lignes directrices de bonnes pratiques destinées à aider les aménageurs et les gouvernements à prendre en considération les espèces d’eau douce lors de la mise en place de projets hydrauliques en Afrique.

Pour le texte complet du rapport: http://cmsdata.iucn.org/downloads/the_status_and_distribution_of_freshwater_biodiversity_in_southern_africa.pdf 

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