Le Libéria rejoint la famille de l’UICN

27 February 2009 | News story
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Le gouvernement de la République du Libéria a annoncé officiellement sa décision d’adhérer à l’UICN, devenant ainsi le 87e Etat membre du réseau environnemental le plus grand et le plus ancien du monde.

Le tronçon subsistant le plus étendu de l’écosystème de forêt humide de Haute-Guinée se trouve au Libéria. Selon les estimations, 42% de la forêt humide guinéenne restante se trouve en territoire libérien. Le Parc national de Sapo, l’aire protégée la plus grande du pays, abrite une zone de forêt tropicale humide primaire qui est la deuxième de la sous-région Afrique de l’Ouest par son étendue, après le Parc national de Taï en Côte d’Ivoire voisine.

« L’admission du Libéria renforcera la coalition environnementale dans la sous-région et facilitera notre travail et notre partenariat avec un pays qui, malgré les conflits civils et d’autres difficultés, a réussi a préserver une part importante d’aires de biodiversité, dont une large étendue de forêt humide haut-guinéenne. Le Libéria est aussi le deuxième pays anglophone de la région PACO (Programme Afrique centrale et occidentale) à rejoindre l’UICN, la plupart des pays de la région étant francophones », dit M. Aimé J. Nianogo, Directeur régional de l’UICN pour l’Afrique centrale et occidentale.

L’Autorité nationale chargée du développement des forêts (FDA) sera l’organe de liaison du membre le plus récent de l’UICN avec le Secrétariat de celle-ci. La biodiversité du pays ayant subi des ravages pendant les sept années de la guerre qui s’est terminée en 1996, le gouvernement, à travers la FDA, a établi des partenariats en 1997 afin de remettre en état des sites particulièrement riches en biodiversité, dont le Parc national de Sapo. Le désir de préserver la nature a conduit à la création de l’Initiative libérienne pour les forêts (LFI), un groupement assez souple de partenaires nationaux et internationaux du secteur forestier.

L’UICN a participé activement aux études préliminaires qui ont abouti à la création du Parc national de Sapo. Celui-ci est l’un des endroits les plus riches du pays en diversité florale, avec un grand nombre d’espèces endémiques. Il héberge aussi 125 espèces de mammifères, 590 types d’oiseaux et un grand nombre d’espèces menacées.

L’UICN a été un partenaire actif du Libéria jusqu’à l’éclatement de la guerre civile en 1989; quinze ans plus tard, elle a rejoint l’Initiative pour les forêts (LFI), renouant ainsi ses liens de soutien au pays.

Malgré les remarquables résultats obtenus par le pays et ses partenaires, un accroissement sensible de la chasse et de la consommation d’animaux sauvages a été constatée récemment, suite à la construction de routes ainsi qu’à l’abattage illégal et au braconnage pratiqués par des ouvriers à l’intérieur de forêts d’un grand intérêt écologique.

Le braconnage représente à l’heure actuelle la principale menace pour une grande variété d’espèces menacées et endémiques, dont la mangouste du Libéria, l’hippopotame pygmée, l’éléphant des forêts et une importante population de chimpanzés.

Il faudra aussi récupérer rapidement les bateaux échoués et endommagés dans les ports et le long du littoral du pays afin de réduire les risques pour la biodiversité marine et améliorer la sécurité en mer.

« Nous espérons que l’UICN pourra contribuer de façon importante au renforcement des capacités dans le secteur environnemental, qui est notre priorité au Libéria », dit M. T. John Woods, Directeur exécutif de la FDA.

Le Libéria est partie à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), qu’il a signée en 1981 et où il joue un rôle actif. Il a aussi ratifié la Convention africaine pour la conservation de la nature et des ressources naturelles et, en 2002, il a adhéré à la Convention sur la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique et au Protocole de Kyoto, ainsi qu’à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP). Le pays est également partie à la Convention sur la diversité biologique (CDB) depuis 2000 et à son Protocole sur la prévention des risques biotechnologiques depuis 2002. Il a signé et ratifié la Convention sur la lutte contre la désertification en 1998 et son engagement vis-à-vis de la Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone en 1996 ; il a adhéré la même année au Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone.

www.iucn.org/paco

Mme Monique C. Yigbedek Bisseck, responsable du soutien et du développement institutionnel pour l’Afrique centrale et occidentale, PO.Box 5506 Yaoundé – Cameroun, téléphone +237 22 21 64 96, fax +237 22 21 64 97, courriel : monique.yigbedek@iucn.org


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Une vue aérienne d'écosystèmes d'Afrique centrale et occidentale