Le pastoralisme est la réponse à la sécheresse en Afrique

30 August 2011 | News story

Le pastoralisme mobile permettrait en partie de résoudre la sécheresse qui sévit dans la Corne de l’Afrique, selon l’Initiative mondiale pour un pastoralisme durable, organisation hébergée par l’UICN.

Pour Pablo Manzano, Coordinateur mondial de l’Initiative mondiale pour un pastoralisme durable, « Cette crise était prévisible et prévue. Les experts préconisent l’agriculture irriguée et l’abandon du pastoralisme, qui permettrait selon eux d’empêcher de futures crises. Mais leurs analyses ne prennent pas en compte les facteurs écologiques, économiques et sociaux qui rendent pourtant le pastoralisme extrêmement viable pour les régions sèches ».

Aujourd’hui et alors que la crise s’intensifie dans la Corne de l’Afrique, les médias et les experts économiques accusent le pastoralisme d’être un moyen de subsistance inefficace soumis périodiquement au même type de crises. Ils présentent l’agriculture irriguée comme la panacée, alors qu’elle accentue au contraire la surexploitation des ressources en eau et exacerbe les conflits. La mobilité du bétail constitue une utilisation des sols beaucoup plus rationnelle, permettant d’exploiter les ressources inégalement réparties dans les régions sèches. En outre, c’est un outil important pour l’adaptation au changement climatique.

Il est donc indispensable de garantir aux communautés pastorales un régime foncier leur permettant de conserver les ressources et ainsi de lutter contre les sécheresses, et d’utiliser les capitaux pour le développement. Les stratégies à long terme doivent permettre aux habitants de se déplacer avec leur bétail indépendamment des frontières géopolitiques – facteur qui s’est avéré crucial lors des précédentes crises alimentaires. Bien que la crise actuelle ait été pressentie il y a presque un an, aucune action n’a été prise. Les famines sont en effet davantage liées aux troubles politiques qu’au volume de précipitations, et se produisent dans les zones pastorales en conjonction avec d’autres problèmes.

« Les investissements des gouvernements et des organisations internationales de développement destinés aux régions sèches doivent être orientés différemment, en prenant davantage en compte les conditions écologiques et les capacités locales », ajoute Manzano. « Il faudrait inclure dans les investissements des infrastructures permettant d’exporter les produits pastoraux, des services financiers à destination des zones éloignées, une éducation adaptée et de haute qualité, et des compétences pour garantir les droits fonciers, idéalement en adaptant la gestion traditionnelle aux cadres juridiques modernes. »

« La plupart de ces solutions ont été adoptées par les communautés pastorales de différentes régions du monde, souvent sans aide externe. Les nombreux exemples dans le monde vont tous dans ce sens : la seule solution réaliste est d’utiliser l’investissement pour soutenir le pastoralisme et non pas pour le faire disparaître. »

Brian Thomson, Chargé des relations avec les médias à l’UICN, portable +41 79 721 8326, courriel: brian.thomson@iucn.org
Ewa Magiera, Chargée de communication à l’UICN, portable +41 76 505 3378, courriel ewa.magiera@iucn.org